
Tout semblait pourtant réglé. Lors des réunions de pré-rentrée, l'inspection d'académie de Seine-Saint-Denis et les représentants de la communauté sikh étaient parvenus à un accord : à défaut de porter le traditionnel turban, les jeunes sikhs pourraient arborer un simple "sous-turban", moins visible, masquant leurs cheveux tout en montrant leurs fronts, oreilles et nuques.
Mais lors des pré-inscriptions, le compromis s'écroule. Certains professeurs du lycée Louise Michel de Bobigny, Mozart du Blanc-Mesnil et Jean-Rostand de Villepinte s'élèvent contre le port de ce sous-turban qu'ils trouvent "bien ostensible". Pas question, pour eux, de participer à un quelconque deux-poids-deux-mesures au moment où l'on demande aux jeunes portant le voile de le retirer à l'école. Une situation rendue possible par le fait que le règlement intérieur de ces établissements serait plus restrictif que d'autres. "Si on lit à la lettre la loi sur la laïcité, pas de doute, on est face à un signe religieux ostensible", souffle à tf1.fr un membre de l'inspection académique. De quoi ajouter à la confusion pour une problématique déjà inextricable.
Contagion ?
En Seine-Saint-Denis, cinq élèves sont donc interdits d'accès aux salles de classe, cantonnés aux salles de lecture ou aux cantines. Conformément à la loi Fillon, les chefs d'établissement ont donc entrepris une phase de "dialogue" avec les élèves concernés ainsi qu'avec leurs parents. Mais l'affaire semble mal engagée. "J'ai l'impression qu'ils tiennent beaucoup à leur turban. On entre dans des considérations culturelles et cultuelles qui rendent les choses difficiles…", grince un membre de l'inspection d'académie. Les dispositions relatives à la loi sur les signes religieux ostensibles à l'école prévoient, en cas de blocage, le passage à une phase disciplinaire pour tout élève qui ne respecterait pas la loi.
En attendant, certains redoutent que ces blocages contaminent une partie des élèves scolarisés dans les établissements concernés. "Ça met en porte-à-faux certains d'entre eux qui ne comprennent pas pourquoi une fille doit retirer son voile alors qu'un jeune sikh pourrait conserver son turban", explique un observateur avisé.
Encore "100 à 120 voiles" à l'école |
Le ministre a félicité la communauté musulmane qui "a participé à l'unité nationale" à l'occasion de la prise en otages de journalistes français en Irak et "montré que l'intégration fonctionne mieux qu'on le dit".
Photo : D.R.
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