© INTERNEPour un représentant syndical FO-Pharmacie cité vendredi par La Dépêche du Midi, cette affaire serait "une bombe". Les données du problème sont simples : d'après la revue professionnelle Le moniteur des pharmacies citée par La Dépêche, sur les 22.000 pharmaciens existants dans l'Hexagone, un millier d'entre eux, peu scrupuleux, vendraient deux fois des médicaments non périmés rapportés initialement par les clients dans le cadre du programme Cyclamed. Un important "manque à gagner" pour cette association loi 1901 en charge du recyclage des médicaments usagés. Et un rique potentiel pour les seconds acheteurs d'un médicament précédemment utilisé par un autre malade…
Cette pratique aurait tendance à se développer depuis l'irruption de la Carte vitale "qui ne fait plus obligations aux pharmaciens de coller les vignettes sur les feuilles de maladie", souligne le délégué FO.
"Le pharmacien risque sa carrière"
Interrogé vendredi, l'Ordre des national des pharmaciens s'est dit scandalisé par ces méthodes. "Tout cela est parfaitement inadmissible, c'est du vol !", s'est époumonné un de ses membres contacté par tf1.fr. Selon lui, ces pratiques ont fait l'objet de "huit condamnations" depuis le début de l'année 2004, deux au pénal et six prononcées par l'Ordre. "Quand un pharmacien est condamné à cinq ans de cessation d'activité, la sanction est en fait plus lourde. Il risque sa carrière car les textes prévoient qu'il ne peut être remplacé qu'une seule fois dans son établissement et pour une seule année. Conclusion : il sera obligé de revendre son affaire", explique-t-on.
Le tribunal correctionnel de Beauvais a notamment infligé six mois de prison ferme à un pharmacien indélicât. L'Ordre compte beaucoup sur cette "publicité" pour décourager toute vélléité à l'avenir. En revanche, il conteste le chiffre selon lequel un millier d'officines, en France, procèderaient à une double vente des médicaments usagés. Un chiffre "au doigt mouillé", assure-t-on.
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