Corse : "un acte de guerre" contre la gendarmerie d'Aleria

Par AFP, le 22 octobre 2004 à 07h44 , mis à jour le 22 octobre 2004 à 13h19

Le procureur de Bastia soupçonne le FLNC du 22 octobre d'être à l'origine d'un attentat jeudi soir contre la gendarmerie d'Aleria, en Haute-Corse. Il n'y a pas de blessés mais d'importants dégâts matériels.

Aleria Haute Corse France Carte

"C'est un véritable acte de guerre". Le procureur général de Bastia Patrick Lalande n'a pas mâché ses mots jeudi soir alors qu'il venait de découvrir les dégâts provoqués par l'attentat à l'explosif contre des bâtiments de la gendarmerie d'Aleria en Haute-Corse. Plusieurs des appartements des familles de gendarmes ont été dévastés. Il n'y a pas de blessés. Miraculeusement, selon les témoins. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête.

"Le pire a été évité de justesse", a commenté le préfet de Haute-Corse, Jean-Luc Videlaine, soulignant que des enfants étaient présents dans les bâtiments peu avant l'explosion. "Mon gosse d'un an et demi était là, je travaille pour vous et mon fils aurait pu mourir, vous êtes contents !", hurlait un gendarme à la fenêtre d'un appartement.

Coup de fil

A 20h25, les pompiers d'Aleria ont reçu un coup de téléphone anonyme leur enjoignant d'évacuer la gendarmerie, sans plus de précision, a expliqué le commandant Louis-Antoine Coque, chef du groupement sud des pompiers. Une demi-heure plus tard, après que la plupart des familles eurent été évacuées, la bombe a explosé devant l'une des entrées de la brigade qui fait face aux appartements des familles.

"C'est une provocation à mettre en rapport avec la date du deuxième anniversaire de la création du FLNC dit 'du 22 octobre'", a estimé le préfet Videlaine, évoquant l'un des deux principaux mouvements indépendantistes clandestins, l'autre ayant annoncé une trêve il y a presque un an. Une hypothèse que privilégie aussi le procureur Lalande. "Le message des clandestins est illisible mais qu'ils sachent que la détermination de l'Etat est sans faille", a ajouté le préfet.

Multiplication des attentats

Cet attentat "est d'autant plus odieux qu'il a délibérément ravagé des lieux  d'habitation où des familles et des enfants en bas âge résident habituellement",  a réagi vendredi matin le député-maire PRG de Bastia, Emile Zuccarelli. A Lille, le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, a condamné "de  la façon la plus forte" cet attentat qui "ne fait que renforcer la  "détermination" des autorités face à la violence et au "terrorisme". A ses côtés, le ministre de la Justice, Dominique Perben, a  assuré que "la justice sera particulièrement sévère".

Il s'agit du troisième attentat visant une gendarmerie en Corse ces deux dernières semaines. Près de 75 attentats ou tentatives ont visé les biens de gendarmes dans l'île en trois ans. La Corse connaît ces derniers jours une recrudescence des attentats visant les services de l'Etat. Le 12 octobre, une bombe a dévasté l'entrée de la gendarmerie de Ventiseri, en Haute-Corse. Le 10 octobre, trois personnes ont été blessées par une explosion contre l'Inspection académique de Corse-du-Sud à Ajaccio. Enfin, le 8 octobre, une grenade a explosé dans la cour de la gendarmerie de Haute-Corse à Bastia.

Par AFP le 22 octobre 2004 à 07:44
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