© INTERNELe gouvernement va proposer au Parlement le report à mars 2008 des élections municipales et cantonales prévues en mars 2007. La présidentielle, les législatives et les sénatoriales resteraient fixées en 2007 : la première en mai, les deuxièmes en juin et les dernières en septembre. Le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, a indiqué mercredi qu'il souhaitait ainsi distinguer nettement les élections nationales et les élections locales.
Sans surprise, le président du groupe UMP à l'Assemblée a déclaré que ce calendrier était "clair, simple et logique". Clair, parce que "toutes les élections nationales auront lieu aux dates prévues par la loi, sans que le mandat des députés et sénateurs soit prolongé". "Simple pour les collectivités locales" qui pourront "préparer leur budget dans la sérénité", les élections locales se déroulant "pendant la période habituelle de la fin de l'hiver". Logique, enfin a expliqué Bernard Accoyer, "parce qu'il tire les conséquences de la réforme du quinquennat" en fixant les scrutins locaux après les nationaux, "afin d'éviter la confusion entre des consultations à enjeux différents".
"Manipulation"
Le Parti socialiste s'est déclaré résolument opposé à un report à mars 2008 des élections municipales et cantonales, y voyant "une manipulation des scrutins électoraux". "C'est un choix politicien et d'opportunité", a déclaré mercredi le secrétaire national aux élections. Bruno Le Roux dénonce le fait que "les sénateurs élus en 2007 le seraient par des représentants d'assemblées municipales arrivés à l'extrême fin de leur mandat". Se fondant sur la jurisprudence du Conseil constitutionnel, Le Roux rappelle que "les électeurs sénatoriaux doivent être les membres ou les représentants d'assemblées élues dans un délai raisonnable précédant l'élection sénatoriale elle-même".
Partageant l'opinion des socialistes sur la question du Sénat, les Verts ont jugé "inacceptable" ce calendrier qui "prouve la volonté du chef de l'Etat et de son gouvernement, sur le continent comme en Polynésie, de faire fi de toutes les règles démocratiques élémentaires". Selon eux, le gouvernement "maintient l'ordre présidentielle - législatives dont on connaît les effets pervers de 2002".
Un projet de loi ordinaire sera soumis "dans les jours qui viennent" pour avis au Conseil d'Etat, a indiqué le porte-parole du gouvernement. Il devrait être examiné par le Parlement avant la fin de l'année.
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