
Point particulièrement épineux : les deux emplois de Nouredine et Farida Cherkaoui, militants RPR, sont les seuls sur l'ensemble de ceux reprochés à Alain Juppé qui, parce qu'ils ont perduré après la loi de janvier 1995 sur le financement des partis, peuvent entraîner l'inéligibilité automatique de 10 ans dont il a écopé en première instance.
Les époux Cherkaoui, avaient été rémunérés comme "chargés de mission" à la Ville de Paris jusqu'au 31 janvier 1996. Selon l'accusation, ils travaillaient en réalité à temps plein pour leur parti.
Interrogés par les policiers, ils avaient d'ailleurs reconnu sans fard que leurs emplois étaient totalement bidons. "En fait je n'ai pas travaillé pour le compte de la ville", avait dit Nouredine Cherkaoui. "Je n'avais jamais été concrètement employée par la Ville de Paris mais par le RPR", "mon employeur de toujours", avait dit son épouse.
Entendus par la suite, ils s'étaient rétractés : "mon témoignage a été entièrement rédigé par les policiers", avait notamment dit l'époux. Sauf qu'ici, contrairement à d'autres emplois fictifs, nombre d'autres témoignages viennent attester du fait qu'ils ne travaillaient pas à la Ville.
Réquisitoire mercredi
Ainsi Jean Tiberi, à l'époque 1er adjoint au maire de Paris Jacques Chirac, avait-il déclaré n'avoir "jamais vu les époux à la Ville", tandis qu'une secrétaire, parmi quatre autres témoins allant dans le même sens, s'était rappelée à propos de Nouredine Cherkaoui : "Je le voyais rue de Lille".
Visiblement mal à l'aise, pour la première fois toussant à plusieurs reprises, Alain Juppé n'a pas eu grand chose à apporter à la cour pour contredire ces éléments. "Pourquoi eux disent-ils qu'ils travaillaient pour le RPR ?", lui demande ensuite Martine Ract-Madoux. "la confusion peut venir du fait que pour lui, son patron c'était M. Mécheri, qui était également secrétaire national au RPR", poursuit Alain Juppé.
Selon l'ancien secrétaire général du parti gaulliste, les fonctions "bénévoles" occupées par les époux Cherkaoui au RPR n'avaient rien de "permanent". "M. Cherkaoui n'était certainement pas présent à temps plein au RPR, il n'y avait pas matière", lâche-t-il, crispé. Les débats se sont achevés avec cet interrogatoire. L'audience reprendra mercredi avec la plaidoirie de la partie civile et le réquisitoire.
Mis en cause, Roussin contre-attaque |
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