Nuit Blanche : plus d'un million de noctambules

Par AFP, le 03 octobre 2004 à 07h20 , mis à jour le 03 octobre 2004 à 07h51

La troisième Nuit Blanche a connu un succès de participation. Aucun incident n'est à noter. Trois cents artistes présentaient leurs œuvres dans 125 lieux. Dédiée à Françoise Sagan, elle était aussi l'occasion d'un soutien aux otages français en Irak.

Paris Nuit Blanche 3e édition 2004 © LCI

Plus d'un million de noctambules se sont pressés aux animations de la troisième Nuit Blanche dédiée par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, à Françoise Sagan, "une femme qui a aimé la nuit". La préfecture de police ne signalait aucun incident, notant "la bonne physionomie" de l'événement. La troisième Nuit blanche présentait 300 artistes du monde entier dans 125  lieux. Les Buttes-Chaumont, où se produisaient "les Marmottes vocales", ont connu la plus forte fréquentation, avec quelque 30 000 personnes. 15 000 personnes ont été comptabilisées par la mairie dans les Halles, qui proposaient notamment des fourmis géantes, un "bal perdu" sous la neige, et un parcours sonore.

L'atmosphère a été qualifiée par Christophe Girard, adjoint à la culture et  initiateur de la Nuit blanche, de "pacifique voire bon enfant". "Le rendez-vous avec Nuit blanche fonctionne", a-t-il affirmé, rappelant que le coût de l'opération était pour la mairie de "moins d'un café par habitant", soit 1,1 million d'euros. En donnant le coup d'envoi de la manifestation, samedi, Bertrand Delanoë s'était félicité que cet événement entièrement gratuit "s'installe comme une manifestation à la fois populaire et artistique de très bon niveau".

Soutien

Toute la nuit, les gens ont patiemment attendu pour entrer dans l'Hôtel de Ville et voir l'installation onirique de l'Espagnol Matteo Messervy, des tissus blancs tombant du haut du bâtiment sur une musique de battements de cœur. Reporters sans frontières avait installé un camion devant la mairie où les passants faisaient la queue pour signer la pétition en faveur des otages Christian Chesnot et Georges Malbrunot. L'association distribuait aussi des bracelets verts en plastique sur lesquels était inscrit : "tant qu'ils sont otages nous le sommes aussi".

"C'est Loft Story"

A Notre-Dame, des centaines et centaines de gens écoutaient de la musique sacrée, tandis que passait sur la Seine un convoi de quinze péniches qui faisaient hurler leurs cornes de brume. Trois piscines étaient ouvertes pendant toute la nuit. Dans le XIVe, les  familles barbotaient à la piscine Aspirant Dunant, baignée de musique pop et de lumières multicolores. La place de la Bourse était noire de monde pour voir des films de Buster Keaton, dont une première mondiale: la copie rénovée du premier long métrage du cinéaste, "Les trois âges", avec sa bande originale jouée en direct par Jeff Mills.

Dans les jardins de l'Observatoire, des grappes d'enfants rampaient sur la  photo d'une maison au sol, dont le reflet, dans un miroir oblique, leur donnait  l'impression de jouer Spiderman. Fort avant dans la nuit, des dizaines de personnes se tordaient de rire devant les vitrines du Printemps, en regardant des vidéos de singes évoluant dans les rayons du magasin désert. "C'est Loft story version singes", remarquait un jeune homme. Quelque 8000 rollers s'étaient pour la première fois donné rendez-vous cette année pour un parcours avec arrêts à plusieurs installations. Des randonnées à pied étaient aussi organisées dans tout Paris. Les prêts de 1000 vélos ont connu un succès monstre.

(Image LCI : la nuit, la lumière, l'eau)

Par AFP le 03 octobre 2004 à 07:20
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