De plus en plus d'inégalités scolaires à Paris

Par , le 25 octobre 2004 à 19h35 , mis à jour le 26 octobre 2004 à 09h49

Pour tf1.fr, la représentante du syndicat enseignant SNES Paris Nicole Sergent commente l'audit effectué par l'Inspection générale de l'Education nationale. D'accord sur le fond, elle déplore la "confidentialité" de ce rapport.

éducation école primaire secondaire enfance

Les écoliers parisiens ne sont pas égaux dans leurs études. Dans un rapport confidentiel révélé lundi par Libération, l'Inspection générale de l'Education nationale pointe les carences du système scolaire à Paris. En cause, l'aggravation des inégalités, de la maternelle au lycée. Cette "machine à exclure" concernerait tous les arrondissements de la capitale.

tf1.fr : tout d'abord, êtes-vous surprise par le caractère confidentiel de ce rapport ?

Nicole Sergent : Cette situation est inacceptable. Ces rapports devraient être publics puisqu'il s'agit d'audits effectués par l'Inspection générale de l'Education nationale. Il y en a eu un à Rennes récemment et il a été publié. Nous regrettons que l'Inspection générale n'ait pas daigné nous rencontrer pour ce travail. 

De toutes façons nous savions que cette audit était en cours. Les conclusions alarmantes sont un "secret de polichinelle" pour tous les acteurs de l'école à Paris.

tf1.fr : vous partagez donc ces conclusions ?

Le SNES Paris a toujours dénoncé les inégalités de la carte scolaire parisienne et revendiqué une réelle politique de discrimination positive. Depuis 1997, l'Est parisien a été victime de coupes sombres très dommageables. L'offre de formation alléchante (options, langues vivantes et ancienne, enseignements artistiques, …) s'est concentrée sur les collèges et lycées les plus attractifs.

Mais on observe également une inégalité de plus en plus forte entre les établissements. Inégalité que les familles essaient de contourner. Le contournement de la carte scolaire à tous les niveaux, y compris par le recours à l'enseignement privé sous contrat, s'est amplifié ces dernières années. Nous ne pouvons pas jeter la pierre aux gens qui veulent choisir une bonne éducation pour leurs enfants. Mais cette situation n'est pas supportable. L'analyse portée par cet audit, nous la développons depuis des années au SNES.

tf1.fr : comment peut-on remédier à ces inégalités à Paris ?

Les situations d'exclusion sociale sont de plus en plus importantes dans la capitale. Or, les moyens d'enseignement consacrés à leur prise en charge ne cessent de fondre alors que le déficit aigü en infirmières et en assistantes sociales redouble les difficultés. La carte scolaire concentre les formations rares et spécifiques sur trop peu d'établissements parisiens.

Fillon lance une nouvelle consultation sur l'école

Le ministre de l'Education François Fillon lance "une consultation à grande échelle" sur l'élaboration de la future loi d'orientation sur l'Education, qui sera votée au printemps 2005 et s'appliquera dès la rentrée 2006, a annoncé lundi le ministère de l'Education. Cette consultation concerne divers types d'interlocuteurs : les partenaires sociaux, la communauté éducative sur le terrain, des intellectuels et spécialistes des questions éducatives, les parlementaires de la majorité, le grand public. "Destinée à élaborer un projet de loi cohérent qui réponde bien au souhait du président de la République d'une école plus juste et plus efficace mieux adaptée aux réalités de demain", elle va se dérouler essentiellement en novembre, a-t-on ajouté au ministère.

 

 

Par Renaud Pila le 25 octobre 2004 à 19:35
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