
En offrant, en septembre dernier, un agenda scolaire et un CD comportant 12 chansons de rap aux 4000 collégiens et lycéens de sa ville, le maire de Bobigny, Bernard Birsinger (PCF), souhaitait se rapprocher des jeunes. Une prise de contact qui s’est vite transformée en énorme boulette ! Deux chansons du disque édité par Canal 93 évoquent des interpellations menées par la police dans un climat hostile. Les paroles comportent de nombreuses injures et dérapages verbaux, tant de la part de la police que des jeunes arrêtés. "Tu veux qu'on soit pas raciste avec des putains de fils de putes de ta race que tu es", semble ainsi dire un policier à un homme menotté. "Ca te fait bander, poulet ?", lui répond celui-ci. Ou encore : "On posera les armes quand tout ça cessera".
Il n’en fallait pas moins pour mettre hors d’eux les policiers. Les syndicats Alliance (premier syndicat de gardien de la paix) et Synergie Officiers ont aussitôt critiqué les "appels à la violence, voire au meurtre" sur des policiers contenus dans le CD, et saisis les ministères de la l’Intérieur et de la Justice, de cette question. Pour Jérôme Hanarte, secrétaire départemental d’Alliance, "les auteurs de ces paroles, des artistes locaux de Bobigny, doivent être punis, de même que les élus de la République qui sont à l'origine de cette diffusion". Pour Synergie, "ces erreurs de la mairie ne sont pas si innocentes, et c'est inadmissible qu'elle puisse faire de la propagande".
Qui a écouté le CD ?
"Personne n'a écouté le disque avant la diffusion, et effectivement, deux chansons posent problème, puisqu'elles font état de démêlés entre des jeunes interpellés et la police", a déclaré un peu penaud un membre de l'équipe municipale. "Il n'y a pas eu de censure, et c'est une aventure malencontreuse. Il y a eu un défaut de vigilance de notre part", a reconnu la mairie.
La préfecture de Seine-Saint-Denis s'est, pour sa part, limitée à faire savoir qu'elle "traitait l'affaire", indiquant qu'un rapport avait été adressé au ministère de l'Intérieur. L'inspection d'académie a de son côté décidé d'ouvrir une enquête interne administrative dans le but de comprendre comment les choses ont pu se passer, et déterminer les responsabilités de chacun. L’affaire est déjà remontée jusqu’à Dominique de Villepin, lequel a déclaré vendredi qu'il voulait "évaluer les responsabilités" pour déterminer "quelle est la part de celle de la municipalité". Tout en rappelant que "la mise en cause de la police est tout à fait inacceptable".
Photo : le CD Canal 93 (DR)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




