
Une fois n’est pas coutume, tous les regards de nos politiques sont tournés vers Papeete. L'Assemblée territoriale polynésienne est convoquée pour élire un successeur au président indépendantiste Oscar Temaru. Son gouvernement a été renversé le 10 octobre, après le vote d'une motion de censure déposée par son rival, l’UMP Gaston Flosse. Ce dernier, après avoir dirigé la Polynésie pendant 16 ans (1984-1987 et 1991-2004), est candidat pour un nouveau mandat. Cependant, le quorum nécessaire (les 3/5èmes des membres présents) ne devrait pas être réuni et une nouvelle réunion, le 22 octobre, devrait être nécessaire.
La crise se déplace de Papeete à ParisTelle une traînée de poudre, la crise polynésienne s'est étendue à la classe politique métropolitaine. Le Parti socialiste, qui soutient l’indépendantiste Temaru, accuse le gouvernement de sortir de son rôle d'arbitre et le chef de l'Etat de soutenir son ami Flosse. Christian Paul, député PS et ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, a annoncé mardi à l'Assemblée que son groupe demandait la création d'une commission d'enquête parlementaire sur l'utilisation de l'argent public en
Polynésie.François Hollande, premier secrétaire du PS, ainsi que les responsables des partis de gauche Marie-George Buffet (PCF), Gilles Lemaire (Verts) et Jean-Michel Baylet (PRG), ont demandé lundi par écrit une audience au chef de l'Etat. "La crise politique survenue, dans les conditions que l'on sait, en Polynésie française (…) appelle une réponse institutionnelle appropriée", indiquent ces responsables dans la lettre. La gauche estime "que seul le retour des électeurs polynésiens aux urnes, par une dissolution de l'assemblée territoriale, peut permettre un dénouement clair et démocratique de l'imbroglio actuel".De son côté, le secrétaire général délégué de l'UMP François Baroin a dénoncé "le mensonge, la manipulation et la totale irresponsabilité des socialistes en Polynésie". "La coalition présidée par M. Temaru portait en elle les germes de son échec, en raison de son immobilisme et de ses volte-face, ajoute pour sa part le porte-parole de l’UMP, Yves Censi. C'était une alliance de circonstance. "
Samedi à Papeete, une manifestation pacifique, appelée par Temaru a rassemblé entre 25.000 et 30.000 personnes. Un succès pour les partisans de M. Temaru qui se sont félicités de cette mobilisation "historique".
Photo d'ouverture : Ocar Temaru (dr)
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