
L'assemblée de Polynésie française a connu la nuit dernière un nouvel épisode troublé. Alors que le président de cette instance territoriale, l'indépendantiste Antony Geros, avait convoqué pour 09H00 (21 heures à Paris) les 57 élus, en mettant à l'ordre du jour une nouvelle élection du président de l'archipel, Antony Geros lui-même ne s'est pas présenté, et la séance n'a donc pas eu lieu...
L’UMP Gaston Flosse, élu président vendredi, a dès lors solennellement déclaré qu’il assumait "personnellement la responsabilité de la direction des administrations dans leur ensemble", dans l'attente de la nomination des ministres, prévue mardi à 10H00 (20H00, heure de Paris). "Les décisions de justice rendues par le Conseil d'Etat à Paris et le tribunal civil à Papeete ne laissent aucun doute sur la légalité de mon élection", a trouvé bon d’ajouter le sénateur, qui avait déjà dirigé l'archipel durant seize ans (1984-1987 et 1991-2004).
Une première dans l'histoire de l'archipel
Mais la crise politique que connaît l’archipel polynésien n’est pour autant pas terminée, les indépendantistes ayant entamé une autre forme d’action. "Nous avons décidé, à partir de ce soir 18H00 (06H00, mardi, heure de Paris) de jeûner, le temps qu'il faudra", a annoncé lundi le président sortant Oscar Temaru, un collier de fleurs autour du cou. "Je crois que c'est une première dans l'histoire de ce pays !", a-t-il dit depuis le palais présidentiel qu’il continue d’occuper à Tahiti. Car selon Oscar Temaru, il y a désormais deux présidents en Polynésie française : lui, "légitimement élu par le peuple", et son rival Gaston Flosse "autoproclamé". "C'est par des manoeuvres scandaleuses, des pratiques mafieuses que nous sommes arrivés à cette situation que nous n'accepterons jamais. La seule solution, c'est de redonner la parole au peuple", a-t-il ajouté.
Devenu, en juin, le premier président indépendantiste de Polynésie française, après la victoire électorale de sa coalition, Oscar Temaru a vu son gouvernement renversé, le 9 octobre, par l'adoption d'une motion de censure à l'assemblée, un élu de sa majorité ayant rallié le camp de Gaston Flosse.
Côté réactions politiques, François Hollande a dénoncé mardi dans le Parisien "la complicité" de Jacques Chirac à l'égard de Gaston Flosse "sur lequel pèsent des soupçons très graves". Le patron du PS indique qu'il n'a pas eu de réponse de Jacques Chirac à sa demande de rendez-vous et "y voit le signe d'une désinvolture coupable à l'égard de l'opposition".
Photo d'ouverture : Oscar Temaru (image RFO)
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