Qui sont les maîtres-chanteurs d’AZF ?

Par Franck LEFEBVRE, le 17 octobre 2004 à 13h51 , mis à jour le 17 octobre 2004 à 22h32

350 policiers ont été mobilisés au cours de la semaine écoulée pour surveiller tous les bureaux de poste de Toulouse. Leur cible : un mystérieux groupe "AZF", qui depuis le début de l’été, réclame 1 million d’euros de rançon et menace d’empoisonner des produits de grands groupes agro-alimentaires.

azf_surveillance_bureau_postePoliciers surveillant un bureau de poste à Toulouse pour tenter d'intercepter les maîntres-chanteurs d'AZF © LCI

AZF : ces trois lettres, synonymes de catastrophe industrielle pour tous les Toulousains, semblent aussi inspirer les criminels. On se souvient que ce sigle était celui d’un mystérieux groupe de maîtres-chanteurs qui menaçait de faire sauter des trains sur le réseau ferré français. Or, depuis le début de l’été, de nouvelles lettres signées AZF réclament le versement d’une rançon d’un million d’euros ; faute de quoi, "AZF" menace, non plus de poser des bombes sur les rails, mais d’empoisonner au cyanure des produits de grande consommation, fabriqués par des grands groupes industriels. Parmi les groupes agro-alimentaires visés figure notamment Coca-Cola.

Toutes les lettres de menaces ont été postées depuis Toulouse ; c’est donc à Toulouse que la police, cette semaine, a déployé un dispositif exceptionnel pour essayer de piéger les malfaiteurs s’ils tentaient d’envoyer un nouveau message. Pendant quatre jours, 350 hommes ont été mobilisés pour surveiller la trentaine de bureaux de poste de la ville. En vain : aucune nouvelle lettre de menaces n’a été postée.

Petites annonces et rendez-vous manqués


Une des petites annonces publiées
dans "Le Figaro" par "AZF" - DR
 
Le danger est-il réel ? Les maîtres-chanteurs d’AZF ont-ils les moyens de mettre leurs menaces à exécution ? Difficile de le savoir. En tout cas, l’Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB) est mobilisé pour découvrir qui se cache derrière ce groupe AZF, deuxième du nom. C’est en effet une des rares certitudes dont disposent les enquêteurs : ceux qui ont expédié les dernières lettres de menaces sont différents du "premier" groupe AZF, dont le grand public avait appris l’existence le 3 mars dernier dans les colonnes de La Dépêche du Midi.

Le "premier" groupe AZF avait montré ses capacités logistiques en plaçant un engin explosif sophistiqué, mais qui n'était pas en état de fonctionner, sur le réseau de la SNCF, près de Limoges ; le "nouveau" groupe AZF ne semble pas avoir envoyé d’échantillons empoisonnés pour donner du poids à ses menaces. Par ailleurs, on ne retrouve pas dans les nouvelles lettres de revendication les mêmes références idéologiques politico-sociales teintées tantôt de sectarisme, tantôt d’altermondialisme. Ces lettres ne témoignent pas non plus des connaissances militaires dont semblait disposer le "premier" groupe AZF.

Un point commun tout de même : la manière dont les enquêteurs et les maîtres-chanteurs ont maintenu le contact depuis septembre. Le "premier" groupe AZF faisait passer des petites annonces codées dans Libération ; c’est par le biais de textes insérés dans Le Figaro, à la rubrique "mariages", que le "nouveau" groupe a tenté de fixer un rendez-vous pour une remise de rançon. Les noms variaient au fil des petites annonces, ainsi que le lieu fixé, mais le texte était toujours ainsi rédigé : X et Y "ont décidé de dire ‘oui’ au merveilleux voyage de la vie à deux". Le prétendu mariage était fixé un samedi de septembre. Suivait un nom de ville – Megève, Nice, Biarritz… Mais apparemment, ces rendez-vous fixés n’ont rien donné, la rencontre n’a pas eu lieu.

Photo d’ouverture : surveillance d’un des bureaux de poste de Toulouse, cette semaine - DR

Par Franck LEFEBVRE le 17 octobre 2004 à 13:51
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