
En perte de vitesse dans les sondages, Jean-Pierre Raffarin s'est montré combatif jeudi matin sur RTL, bien décidé à reprendre la main. Le Premier ministre a d'abord abordé les questions économiques, se montrant rassurant sur la croissance. Selon lui, le rythme de la croissance "sera tenu" en France malgré la hausse récente des prix du pétrole, tandis que "la tendance à la baisse du chômage" commencera "fin 2004". Il est "aujourd'hui raisonnable" de prévoir une croissance de 2,5% en 2005, assure le Premier ministre.
A l'orée de l'hiver, le Premier ministre a affirmé qu'il ne souhaitait "pas d'augmentation des prix de l'électricité pendant les périodes de froid". Concernant le gaz, "son prix est fonction de ses achats puisque par définition, c'est une action commerciale d'importation", a-t-il expliqué. "Je n'ai pas de proposition économique aujourd'hui à formuler, j'attends que l'équation économique soit calculée, il s'agit là d'une équation liée aux importations qui ne dépend pas directement de nous".
Service minimum
Jean-Pierre Raffarin a répété que le lundi de Pentecôte serait "travaillé dans les entreprises comme dans les écoles". Cette "journée de solidarité" servira à "financer plus de deux milliards d'euros pour les personnes dépendantes", personnes âgées ou handicapées", a souligné le Premier ministre. Dans les entreprises, un accord pourra se porter sur un autre jour. Dans l'Education nationale, le recteur pourra aussi choisir un autre jour, "dans tel département, pour des raisons locales traditionnelles fortes".
Le Premier ministre s'est aussi déclaré "très heureux" de l'accord sur l'alarme sociale à la SNCF, estimant qu'une loi sur le service minimum dans les transports "ne serait pas une nécessité" si les autres entreprises devaient suivre cet exemple. Par ailleurs, Jean-Pierre Raffarin a annoncé qu'il "s'opposera" à l'amendement parlementaire assouplissant la loi Evin sur la publicité sur le vin. "Il n'y a pas d'ambiguïté, l'alcool n'est pas un facteur de santé publique, donc le gouvernement prendra les décisions législatives nécessaires pour qu'on puisse faire entendre cette voix de la santé publique", a-t-il déclaré.
Enfin, le chef du gouvernement est également revenu sur les tensions avec le Medef, qui selon lui, n'a "pas fait aimer l'entreprise aux Français". Il a répété ses critiques à l'égard du mouvement patronal qui, à défaut d'être parvenu par la négociation à un accord sur le dossier des restructurations, a engagé "un rapport de force avec l'Etat pour dire 'Ce que je n'ai pas gagné par la négociation, je le veux par la loi'". "Quand ça ne marche pas, tout le monde est responsable. En tout cas (le Medef) n'est pas dispensé de responsabilité", a-t-il estimé.
L'adieu à Sarkozy |
(Image d'archive : Jean-Pierre Raffarin)
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