© AFP
Tf1.fr : A quoi ressemble le dispositif actuel de surveillance aérienne du territoire français ?
Général Henri Switzer : Avant le 11 septembre 2001, quatre Mirage 2000 étaient placés en alerte permanente, deux dans le nord de la France et deux dans le sud. Depuis, nous sommes passés à huit avions. Mais ce dispositif de sûreté aérienne est évolutif. Ainsi, juste après le 11 septembre 2001, mais aussi à noël dernier, nous sommes montés jusqu’à 15 avions en alerte H24. Nous avons par ailleurs créé deux "spot" d’hélicoptères, plus à même d’intercepter les aéronefs légers, l’un basé à Villacoublay, pour la région parisienne, l’autre à Orange, pour la Vallée du Rhône et Marseille. Nous avons également une centaine de radars, civils et militaires, qui couvrent l’ensemble du territoire. Et des radars dits mobiles peuvent venir compléter le dispositif, c’est le cas actuellement à la Hague et à Valence.
Tf1.fr : En cas de menace aérienne, quels sont les délais d’intervention ?
Le système d’alerte est modulable. Le délai d’intervention classique des Mirage va de 7 à 15 minutes. Mais il peut tomber à deux minutes, voire zéro minute, si l’on décide de les maintenir en alerte en vol. Il y a aussi des avions de chasse qui ne sont pas dédiés à la sûreté aérienne mais qui, déjà en vol, peuvent être déroutés de leur mission initiale pour effectuer une mission d’interception. C’est déjà arrivé à plusieurs reprises. Enfin, lorsqu’il y a des événements spéciaux, comme les commémorations du 6 juin, nous créons des bulles de protection spécifique. La zone devient interdite de survol, des radars mobiles sont installés, ainsi que des batteries de missiles sol-air, et un Awacs, avion de détection aéroportée, peut être sollicité.
Tf1.fr : Si un avion devant atterrir à Orly décidait de remettre les gaz et de se diriger vers Paris, auriez-vous le temps d’intervenir ?
Le risque zéro n’existe pas, surtout sur une distance aussi courte que Orly-Montparnasse. Des plans sont élaborés, mais par mesure de discrétion et d’efficacité, je m’en tiendrai là... Toutefois, pour le cas que vous évoquez, il s’agirait d’un détournement d’avion. Notre meilleure arme de protection contre cela, c’est le travail de prévention et de renseignement qui est fait au sol, sur un plan national et international, avant les embarquements à bord. Qui plus est, la plupart des compagnies ont désormais des agents de surveillance à bord de leurs avions et qui sont formés pour intervenir.
Lire la suite de l'interview en page 2
Photo d'ouverture : Mirage 2000 (AFP)![]() Mirage 2000 sur la base aérienne de Creil (DR)- |
C’est la Direction générale de l’aviation civile qui contrôle les 10 à 20 000 vols quotidiens au-dessus de notre territoire. L’armée n’intervient qu’en renfort. Son PC est situé dans les sous-sols de la base aérienne de Taverny. La Haute autorité de défense aérienne (HADA) peut déclencher l’alerte seule ou après avoir été prévenue par l’aviation civile ou la police, comme ce fut le cas récemment avec l’avion volé à Coulommiers. En cas de doute sur un avion, on passe au stade de surveillance particulière, voir on procède au décollage d’un avion pour voir ce qui se passe de plus près. A partir d’un certain stade la HADA en rend compte au Premier ministre. En cas de nécessité de tir, seule le politique est habilité à donner l’ordre. Mais le problème ne s’est encore jamais posé en France.
tf1.fr : Combien d’interventions effectuez-vous par an ?
Disons une quinzaine d’interventions par mois, avec des pics pendant l’été, mais le chiffre exact est confidentiel. Cela fait partie de notre principe de dissuasion. Savoir que l’on contrôle suffit. Par ailleurs, en tant que gardiens du ciel, nous n’intervenons pas que pour la sûreté du territoire, mais aussi pour secourir les avions légers qui se trouvent en détresse. Beaucoup de petits aéronefs de tourisme font aussi des intrusions dans les quelque 38 ZIT, zones d’interdictions temporaires de survol (ndlr : centrales nucléaires, raffineries, complexes industriels, prisons…). A chaque effraction, même si la plupart sont dues à l’inadvertance des pilotes, nous sommes tenus de prendre en chasse et de contrôler. Pour limiter ce genre d’intervention, la DGAC a édité cette année une nouvelle carte répertoriant toutes les ZIT.
Retour MYTF1

Chargement en cours...




