© INTERNEPeut-on être condamné pour la diffusion sur un site internet de prévention de deux fiches sur l'usage de drogue, l’un sur le "sniff propre", préconisant l’usage d’une paille individuelle pour éviter la contamination hépatique, l’autre sur le "drug mix", soulignant la nocivité de certains mélanges ? L'ancien président de l'association Techno Plus, association spécialisée dans l'information sur la drogue, sera fixé dans cinq mois. La cour d'appel de Paris a en effet décidé lundi de revenir sur l'annulation des poursuites à l'encontre de Jean-Marc Priez, qui sera donc jugé pour "provocation à l'usage de stupéfiants".
Le parquet avait fait appel de la décision prononcée le 23 septembre 2003 par le tribunal correctionnel de Paris d'annuler les poursuites à son encontre. Le tribunal s'était à l'époque rangé aux arguments soulevés par la défense du prévenu, estimant que la procédure avait été irrégulièrement conduite, certains procès-verbaux étant des photocopies. Selon l'avocate générale Béatrice de Beaupuis, le tribunal a "eu tort" en faisant "une interprétation extrêmement large" d'un des articles du Code de procédure pénale concernant la transmission des procès-verbaux par les officiers de police judiciaire au procureur de la République. Pour l'avocat, il s'agit d'un "acharnement du parquet" à l'égard de son client qui est "sous la pression d'éventuelles poursuites depuis plus d'un an et demi".
Au delà des vices de procédure, l'annonce d'une nouvelle comparution de Jean-Marc Priez ne va pas manquer de susciter des réactions dans le monde associatif ou politique. Plusieurs militants associatifs, notamment de l'organisation Aides, étaient venus assister à l'audience et apporter leur soutien à l'ancien président de Techno Plus.
De son côté, François Hollande estime que ce procès est "le procès de la politique de réduction des risques. "C'est la première fois qu'un acteur de terrain oeuvrant pour la politique de santé publique est inculpé dans le cadre de sa mission", regrette le patron du PS. "Cette politique a fait ses preuves là où la répression avait échoué : baisse de 80 % de la mortalité par overdose de 1994 à 1999, taux de transmission du virus du SIDA de 4% aujourd'hui contre 30% au début des années 90, baisse de la pratique d'injection", relève-t-il.
Déjà, en mars dernier, Jack Lang avait estimé dans une tribune publiée par Le Monde que "la prévention a fait ses preuves là où la répression avait échoué lamentablement, là où elle échouera toujours".
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