© INTERNEL'"affaire" de la Vel Satis de l'A 71 prend désormais un virage judiciaire. Sollicité par Renault il y a quelques jours, le tribunal de grande instance de Bourges (Cher) a mandaté, mardi, deux experts automobiles indépendants afin de procéder à l'analyse du véhicule mis en cause par un conducteur. Hicham Draa, 29 ans, affirme qu'une panne électronique l'a obligé à rouler à près de 200 km/h, entre Bourges et Clermont-Ferrand, le 3 octobre. "Nous entrons dans une nouvelle phase. Il faut maintenant que la vérité soit faite", a déclaré maître Nacache, l'un des avocats de Renault, interrogé par tf1.fr.
Invoquant "la complexité prévisible des opérations et des moyens techniques à mettre en œuvre", le tribunal accorde trois mois aux experts pour effectuer leur travail. Leur rapport devra être transmis au plus tard le 14 janvier 2005. Etat des lieux du véhicule, évaluation de "toutes les interventions effectuées depuis l'incident" : c'est une tâche lourde qui attend les deux hommes.
"Tout fait pour que l'on ne puisse jamais connaître la vérité"
Conservée actuellement dans les locaux de Renault à Guyancourt (Yvelines), la Vel Satis incriminée devra être remise "entre les mains des experts" afin de la placer dans un "lieu neutre", précise le tribunal. "La voiture est entre les mains de Renault depuis une semaine. Que s'est-il passé dessus ? J'ai bien peur que, dans cette histoire, on ait tout fait pour que l'on ne puisse jamais connaître la vérité" , s'insurge Maître Couderc, l'avocat d'Hicham Draa. Soucieux de ne rien laisser au hasard, le tribunal a demandé aux experts de "préciser s'il a pu être procédé de quelque façon que ce soit une intervention de nature à faire disparaître les traces de l'incident déploré" ainsi que "les éventuelles conséquences techniques de l'examen pratiqué par l'expert" mandaté par Renault, le 6 octobre. Lequel, après une analyse "statique et dynamique", n'avait décelé "aucun dysfonctionnement" du véhicule, selon la marque au losange. Un "examen sommaire", modère le président du tribunal, Gilles Maguin.
Un second avocat de Renault a assuré que "des scellés" avaient été posés sur la Vel Satis en présence d'un huissier pour "éviter toute suspicion".
Technologie
Les experts devront évidemment se prononcer sur la version du conducteur, en prenant toutes les mesures nécessaires à la manifestation de la vérité. Si d'aventure ils ne parvenaient pas à vérifier ses dires, le tribunal leur demande de "préciser, si, en l'état de la technologie, un tel incident est ou non possible sur ce type de véhicule".
L'avance de l'intégralité des frais de procédure sera à la charge du groupe Renault, de même que les frais d'avocat du conducteur.
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