© INTERNE89 000 enfants maltraités ou risquant de l'être signalés en 2003, soit 3 000 de plus que l'an passé : l'importance de ce chiffre fait frémir. Selon l'Observatoire national de l'action sociale décentralisée (ODAS) qui publie ce bilan lundi, cela représente la plus forte hausse depuis 2000. L'ODAS recueille les chiffres des services sociaux des départements de métropole chaque année.
Stables, voire en légère baisse, les cas de maltraitance dure, regroupant les violences physiques ou psychologiques, les abus sexuels et les négligences graves, représentent 18 000 cas recensés. Les abus sexuels sont en recul de 5 900 cas signalés à 5 200. "Si cette baisse doit être analysée avec prudence, elle montre a minima que la médiatisation, très forte en 2004, des affaires à caractère pédophile ne doit pas faire croire à une dégradation généralisée de la société", commente l'ODAS, en allusion au procès d'Outreau.
71 000 cas d'enfants en situation risquée
La forte hausse vient des cas d'enfants en situation risquée pour leur santé physique ou psychologique qui atteignent 71 000. Selon l'Observatoire, "on assiste à l'accroissement du nombre de familles fragiles, souvent trop isolées pour offrir à leur enfant les conditions d'un développement satisfaisant". Les "carences éducatives" de la part des parents sont à l'origine de la mise en danger des enfants pour près d'un cas sur deux, soit 40 000 enfants. Les familles, a commenté l'ODAS, sont de plus en plus touchées par "une forme d'isolement social et d'immaturité".
En début d'année, un rapport de Jacques Delors avait révélé que la France compte un million d'enfants pauvres. D'après les départements et l'ODAS, le chômage, la précarité et les difficultés financières n'expliquent cependant que 12 000 cas d'enfants en danger. Les conflits de couple, les problèmes des parents, l'errance des enfants et les problèmes de logement constituent les autres facteurs de mise en danger.
Améliorer la protection de l'enfance
A l'occasion de la présentation du rapport de l'ODAS, la ministre de la Famille Marie-José Roig a rappelé qu'elle avait récemment installé deux groupes de travail, qui doivent lui remettre début 2005 des propositions pour améliorer la protection de l'enfance.
"Tout attendre des pouvoirs publics serait suicidaire", a de son côté commenté le délégué général de l'ODAS, Jean-Louis Sanchez, qui défend l'idée d'une "nouvelle fraternité" et des solidarités entre voisins ou générations pour aider les enfants -comme les personnes âgées- en difficulté.
(Photo : archives)
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