Libé attise les convoitises

Par Philippe MATHON, le 29 novembre 2004 à 10h19 , mis à jour le 29 novembre 2004 à 13h58

Après Vincent Bolloré, c'est au tour de l'homme d'affaires Edouard de Rothschild de proposer son entrée dans le capital du quotidien en proie à des difficultés financières.

logo libération quotidien media

Ce n'est pas une, mais deux offres qui sont désormais sur le bureau de la direction de Libération et de la Société civile des personnels du quotidien. Après la proposition de Vincent Bolloré, la semaine dernière, c'est au tour d'Edouard de Rothschild de manifester son intérêt pour le quotidien de la rue Béranger.

L'homme d'affaires, ancien associé gérant de la Banque Rothschild & Cie et actuel président de France Galop, déclare lundi dans Le Figaro vouloir devenir "un actionnaire de référence à long terme" pour faire de Libération "le moteur du groupe de presse diversifié" qu'il souhaite bâtir. "Une fois le journal recapitalisé, ma priorité sera de donner au journal des moyens de développement nouveaux : relance de la diffusion, alliances industrielles avec d'autres supports nationaux, création de suppléments périodiques, de biens culturels…", explique Edouard de Rothschild. Des synergies avec des médias étrangers ne sont pas à exclure.

Souhaitant tordre le coup aux "Cassandre" annonçant ci ou là la disparition des quotidiens nationaux, celui-ci dit "croire en l'avenir de Libération". Pour cela, il prend un "engagement" : "préserver l'indépendance de la rédaction" du quotidien. Edouard de Rothschild sait pertinemment que cette promesse est la condition sine qua non de son entrée dans le capital de Libération, dans la mesure où la Société civile des personnels du quotidien de Libération (SCPL) dispose d'un droit de véto en la matière.

"Promesses irréalistes ou floues"

Pour l'heure, Edouard de Rothschild refuse de dévoiler ses cartes. Selon La Tribune, pour mener à bien son projet, il se serait attaché les services de l'ancienne garde rapprochée de Jean-Marie Messier : Guillaume Hannezo, l'ancien directeur financier de Vivendi Universal - mis en examen le 4 juin 2004 pour "délit d'initié, manipulation de cours et diffusion de fausses informations données aux marchés" dans l'affaire VU - et Agnès Touraine, ancienne présidente de Vivendi Universal Publishing feraient partie de son équipe. Combien Edouard de Rothschild est-il prêt à mettre sur la table ? Mystère. Selon La Tribune, il souhaiterait prendre "entre 30 et 35% du capital" et investir de de "20 à 25 millions d'euros". L'intéressé note simplement que le quotidien "recherche un investissement de l'ordre de 20 millions d'euros". Et dénonce au passage "les promesses irréalistes ou floues de synergies de 'groupe médias' ". Critique déguisée mais appuyée à l'égard de son concurrent, Vincent Bolloré.

Face à l'arrivée de ce second projet, la SCPL joue la prudence. "On prend les choses calmement. On va regarder ce que cela vaut", affirme son porte-parole, Edouard Launet. Une assemblée générale du quotidien était prévue à 12h30.

Par Philippe MATHON le 29 novembre 2004 à 10:19
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience