© INTERNELe parquet de Paris a requis mardi une peine de 20 mois d'emprisonnement avec sursis ainsi que 30.000 euros d'amende à l'encontre de Jean-Christophe Mitterrand, poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris pour fraude fiscale. Le jugement a été mis en délibéré au 8 décembre. La procureur, Christine Forey, a également requis le remboursement des quelque 632.129 euros que le fils de l'ancien président de la République aurait omis de payer à l'administration fiscale pour les années 1998 et 1999. "La mauvaise foi de Jean-Christophe Mitterrand est établie et c'est de manière délibérée qu'il s'est soustrait à son devoir fiscal", a estimé Christine Forey.
Le fils de l'ancien président de la République a assuré pour sa part à l'audience que l'essentiel de ses activités à cette époque se déroulaient en Mauritanie où il avait investi dans une usine de traitement de poissons. Et que, donc, selon lui, il n'avait pas à déclarer en France ces revenus. A l'époque, Jean-Christophe Mitterrand avait exercé des activités de consultant auprès de l'homme d'affaires Pierre Falcone, pour lesquelles il avait perçu des "honoraires" d'un total avoisinant les trois millions d'euros entre 1997 et 1999. "M. Falcone était très fort en affaires, mais nul en suivi diplomatique et historique d'une région", a-t-il expliqué à la barre, dans un fauteuil, ne supportant visiblement pas la position debout.Listing embarrassant
Un argumentaire dont le président de la 11ème chambre du tribunal correctionnel de Paris s'est attaché à montrer les failles. Jean-Christophe Mitterrand a soutenu que son activité de consultant était un "travail oral", qui se déroulait "rarement en France". "Je n'habite nulle part à Paris. Quand je passe à Paris, je profite d'une chambre chez ma mère", a-t-il lâché. Mais le président a cité le récapitulatif des opérations bancaires ou des appels téléphoniques du prévenu, montrant que sur la seule année 1999, Jean-Christophe Mitterrand avait passé 276 jours en France. Selon l'inventaire de ses déplacements sur Air France vers la Mauritanie, il apparaît qu'il n'aurait passé que 53 jours dans ce pays en 1998 et 32 en 1999... "Je ne conteste pas avoir peut-être passé trop de temps en France pour mes affaires, je n'en sais rien", a répondu le fils de l'ancien président de la République, avant d'expliquer qu'il n'a plus "aucun revenu" et qu'il vit de "la générosité familiale".
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