PS : "oui" ou "non", les militants s'expliquent

Par , le 29 novembre 2004 à 10h30 , mis à jour le 30 novembre 2004 à 17h08

Les militants socialistes sont appelés à se prononcer mercredi par référendum sur le traité constitutionnel européen. Certains d'entre eux expliquent à tf1.fr les raisons de leur choix.

PS université estrade © INTERNE

Ceux qui disent "OUI"

Yann, 25 ans

Je vote oui car si le non l'emporte, c'est le retour au traité de Nice. Or, comme il n'y a que des avancées dans le texte qui est proposé, il faut engranger les acquis. Rien n'empêchera d'aller plus loin ensuite. La charte des droits fondamentaux dans la Constitution, c'est une réelle avancée. Ce débat a été positif car il a permis d'approfondir la question européenne dans le pays. De toutes façons, cela fait des années qu'il y a au PS des partisans du non et des partisans du oui à l'Europe. Quand Jean-Pierre Chevènement a quitté le parti, tous les opposants à la construction européenne ne l'ont pas rejoint. Ce sont ces militants qui constituent le camp du non aujourd'hui. En ce qui concerne Laurent Fabius, c'est une complète volte-face pour un homme qui a négocié l'Acte unique, un traité pourtant libéral.

Jean-Paul, 45 ans

Je n'ai aucune raison de voter contre le traité proposé. Si le non l'emporte, c'est le retour au mauvais traité de Nice. Par ailleurs, le PS français se marginaliserait totalement en Europe. J'ai discuté avec des militants socialistes espagnols ou allemands et je peux vous dire qu'ils ne comprennent pas du tout nos divisions. Ces divisions recouvrent la vieille fracture entre la gauche réformiste et sociale-démocrate et les socialistes partisans de la rupture. Ce débat a eu le mérite de clarifier les positions de chacun, tactiques ou non, et cela va nous servir pour 2007.

Geneviève, 27 ans

J'ai lu le texte. Or pour une fois, dans un traité, il n'y a que des progrès. Si l'objectif partagé par les socialistes européens est de construire l'Europe sociale, le PS français ne peut pas se poser en donneur de leçons. Bien sûr, avec ce traité, l'Europe sociale n'est pas aboutie. Mais le progrès est incontestable. A ceux qui refuseraient de voter "oui" avec la droite, je dirais que ce n'est pas le même "oui". Si le "oui" l'emporte le 1er décembre, ce ne sera pas le "oui" de Chirac. Le PS aura montré la voie. Peut-être qu'un jour, on aura besoin de dire "non" à un projet européen mais là, ce n'est pas le moment. Grâce à ce débat, les militants se sont appropriés le sujet. Cette méthode de consultation de la base sur des sujets clés va faire tâche d'huile dans les partis. Pour le projet 2007, il faut s'en inspirer.

Ceux qui disent "NON"

Jean Claude, 47 ans

Après avoir hésité, je vais voter "non". Vis-à-vis de tous les électeurs qui ont voté socialiste aux européennes pour construire l'Europe sociale, je pense qu'on ne peut pas accepter cette Constitution qui est beaucoup trop libérale. Répondre "oui" à ce texte, cela nous bloque pour de trop nombreuses années. La gauche ne pourra plus tenir ses promesses. Dans la Constitution, il faut souvent l'unanimité pour changer les choses, notamment sur les questions sociales. Et cela, on ne peut l'accepter dans une Europe à 25. Par ailleurs, le texte constitutionnel ne sera applicable qu'en 2009, donc il reste du temps pour le faire évoluer. Mon "non" est un vote pour améliorer la Constitution. En 2007, j'espère que la gauche va gagner. Or comment ferons-nous alors pour dire à nos partenaires qu'il faut infléchir sur le plan social un texte que nous aurons approuvé trois ans avant ? Vous savez, le seul pays européen où les socialistes ont consulté leurs militants, c'est la France. Mais si nos partenaires socialistes consultaient leur base, il y aurait le même clivage.

Alexandra, 36 ans

Le texte présenté ne me plaît pas, principalement sur les questions de politique étrangère et de défense. Il n'y a aucune avancée réelle pour construire une identité européenne à l'extérieur et peser dans le monde. Pour moi, le "non" permettra de se remettre autour de la table et de construire une véritable Europe politique. Si les socialistes français refusent cette Constitution, cela ouvrira la voie à un vrai débat chez nos partenaires, et notamment en Allemagne. De toutes façons, que le "oui" ou le "non" l'emporte, le débat a été de qualité. Dans les sections, les militants se sont exprimés avec une grande correction.

Grégory, 25 ans,

Après l'avoir lu, je me suis aperçu que le texte consacre la primauté de l'économie de marché et interdit l'Europe sociale telle que nous la voulons et telle que nous l'avons vantée lors des dernières élections européennes. Cette Constitution grave dans le marbre l'économie libérale au même niveau que les droits des individus et cela n'est pas acceptable car le traité n'est révisable qu'à l'unanimité. Par ailleurs, je ne me sens pas isolé par rapport aux autres socialistes européens car nous sommes les seuls à avoir vraiment débattu de la question. S'il y avait vraiment un débat, je pense que ce serait Blair et Schröder qui seraient isolés de leur peuple. On verra bien le résultat mais quoi qu'il en soit, ce référendum aura permis aux militants de débattre. C'est ça la politique avec un grand "P".

Par Renaud Pila le 29 novembre 2004 à 10:30
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience