20 ans de Restos du cœur

Par AFP, le 06 décembre 2004 à 08h42 , mis à jour le 06 décembre 2004 à 08h46

Les Restos du Cœur entament aujourd'hui leur vingtième campagne de solidarité avec les plus démunis. Outre la distribution d'aliments et de repas chauds, l'association, lancée par Coluche, a élargi depuis 1985 ses compétences.

restos coeur logo © INTERNE

"Aujourd'hui, on n'a plus le droit, ni d'avoir faim ni d'avoir froid" : 20 ans après l'appel de Coluche, les Restos du Coeur lancent, lundi, leur campagne d'hiver alors que plus d'une personne sur dix vit en dessous du seuil de pauvreté. Si les centres de distribution alimentaire ouvrent dans toute la France, la plupart des antennes des Restos du coeur continuent dix mois sur douze à offrir des repas chauds aux plus pauvres. Vingt ans après l'appel de Coluche et la chanson de Jean-Jacques Goldman, Olivier Berthe, président des Restos du Coeur, dresse auprès de l'AFP un "constat amer". "La précarité, dit-il, a progressé. Si les carences alimentaires les plus graves ont disparu, la pauvreté, elle, s'est développée et la population s'est fragilisée". "En fait, ajoute-t-il, ça fait 20 ans que ça s'aggrave et la responsabilité est collective".

43.000 bénévoles

L'hiver dernier, l'association a dû faire face à une augmentation de plus de 10% en moyenne de la demande, une hausse qui a atteint plus de 30% à Paris, la région parisienne et l'Est. Dans cette augmentation des populations en souffrance, selon l'association, figurent nombre de jeunes, de femmes seules avec enfants, de chômeurs en fin de droits mais aussi beaucoup de "personnes déplacées".

Aujourd'hui, les Restos du Coeur vont bien au-delà des besoins des 200.000 sans logis ou mal-logés : ils sont 43.000 bénévoles à servir plus de 66 millions de repas chauds (contre 8,5 millions de repas au cours du premier hiver en 1985) à 650.000 bénéficiaires dans 1900 centres et antennes départementales. Mais les Restos, ce n'est pas que de l'aide alimentaire car, pour les bénévoles, la vraie question est "comment faire pour aider nos bénéficiaires à sortir au plus vite de cette voie sans issue?". Depuis 1998, l'association a élargi ses activités à l'aide à l'insertion, à l'hébergement d'urgence, aux "Relais-bébés", à la lutte contre l'illettrisme.

Plusieurs axes de bagarre

Les ressources de l'association se sont aussi considérablement accrues pour atteindre 90,452 millions d'euros pour l'exercice 2003-2004. Elles proviennent en premier lieu des dons du public (41%), des dons d'"autres organismes" (21,50%), des concerts des Enfoirés (17,73%) et de l'Union européenne (15,12%). Les Restos peuvent aussi se féliciter d'avoir les frais de fonctionnement parmi les plus bas du secteur des associations car ils travaillent essentiellement avec des bénévoles.

Pour la campagne 2005, Olivier Berthe dégage "plusieurs axes de bagarre" : "améliorer les conditions d'accueil", notamment en restant le plus possible "à proximité des gens"; "développer l'accueil de jour"; "développer l'insertion par l'informatique" pour lutter contre la fracture numérique; maintenir les chantiers d'insertion et favoriser les sorties vers des emplois durables, enfin "veiller à l'ouverture des stocks européens". Comme chaque année, l'association sait pouvoir compter aussi sur les "concerts des Enfoirés" en janvier pour que puisse continuer à vivre l'idée de Coluche, née à l'automne 85 en pleine crise économique avec l'apparition des "nouveaux pauvres".

Par AFP le 06 décembre 2004 à 08:42
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience