Ces PV qui passent à la trappe

Par P.M., le 03 décembre 2004 à 10h59 , mis à jour le 03 décembre 2004 à 22h37

Vingt-cinq à trente pour cent des contraventions émises en France par les radars automatiques restent impayées. Les pouvoirs publics nouent des contacts avec les pays limitrophes pour harmoniser les fichiers de polices européennes.

radar automatique route trafic france (lci) © INTERNE

Pour l'instant, on est bien loin du "jackpot" annoncé. Le Figaro écrit vendredi qu'un tiers des 2 millions de contraventions dressées en 2004 à partir des 300 radars automatiques installés sur le territoire ont fini au panier. Le directeur-adjoint de de la Sécurité routière, qui parle d'une proportion allant de 25 à 30 % des procès-verbaux, relève que la grande majorité concernent des conducteurs étrangers. C'est pourquoi des contacts, destinés à lever divers obstacles techniques et juridiques, ont été noués pour harmoniser les fichiers de polices européennes. Dans un premier temps, la Sécurité routière a initié "des contacts bilatéraux avec les pays francophones" (Suisse, Belgique et Luxembourg), ainsi qu'avec les autres pays limitrophes, a-t-il affirmé.

Comment expliquer une telle proportion de ratés ? Les raisons de l'impossibilité d'identifier les contrevenants sont multiples : photo floue, imprécise, plaque illisible, sale ou falsifiée, plaque de moto non identifiable (seule une trentaine de radars est capable aujourd'hui de flasher à l'arrière leurs plaques). Sans oublier le contingent important des contrevenants étrangers qui, aujourd'hui encore, passent entre les filets des poursuites.

Opérations de sécurité routière gelées

Selon Le Figaro, "les radars automatiques ont rapporté 86 millions d'euros alors que l'installation des caméras et des flashs a coûté 91,24 millions". Et encore, ce chiffre ne tient pas compte des frais de fonctionnement et de gestion du centre national des traitements des PV des radars automatiques installé à Rennes. Du coup, l'argent devrait manquer pour maintenir le cap des mille radars prévus d'ici fin 2005. "Il faudra trouver des ressources ailleurs", note le Figaro, mais l'entourage du ministre se veut confiant et assure que "l'État mettra l'argent nécessaire". Conséquence immédiate du manque de crédits disponibles : "les opérations de sécurité routière que le gouvernement comptait mettre sur pied grâce au surplus de recettes sont renvoyées à plus tard", assure Le Figaro.

Depuis leur installation, les radars automatiques ont fait grimper le produit des amendes de 20% et incité les Français à réduire leur vitesse. Cette année, l'objectif du gouvernement consiste à passer sous la barre des cinq mille morts sur la route.

Par P.M. le 03 décembre 2004 à 10:59
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