© INTERNEtf1.fr : Comment est née l'association "Patrick Bourrat, pour que l'école continue" ?
Pierre Bonnier : Elle est née d'une réaction à la douleur de la disparition de notre ami. Patrick a toujours été très sensible à la misère du monde. Quand il revenait de voyages, nos discussions portaient souvent sur le contraste saisissant entre le système éducatif français, vraisemblablement perfectible en tout cas souvent critiqué, et l'état lamentable ou très difficile de l'instruction, dans des pays à deux heures d'avion de la France, victimes de guerre ou de catastrophes naturelles.
A sa mort, je me suis souvenu de ses frustrations et de ses regrets de ne pouvoir en faire plus. J'ai voulu perpétuer le souvenir de cet homme immensément généreux, qui avait vraiment une grande âme, en créant cette association en avril 2003. Sa mission : faire redémarrer l'école dans ces pays en difficulté.
tf1.fr : Comment l'association fonctionne-t-elle ?
P.B. : Elle est fondée sur deux idées : permettre aux grands reporters de laisser une trace positive et être utile à des gens de bonne volonté en difficulté.
Un journaliste envoyé sur un terrain de guerre ou de catastrophe tisse en effet des liens privilégiés pendant plusieurs jours, voire plusieurs mois, avec des personnes sur place. Quelquefois, des amitiés se forment également. Puis il repart en laissant souvent derrière lui la misère sans pouvoir rien y faire.
L'association demande aux reporters de repérer les gens fiables dans les pays où ils se rendent, qui seraient capables de relancer une école lorsqu'elle n'existe plus.
Pour ces gens en détresse, cela permet d'avoir une autre image celle d'une nuée de journalistes arrivant avec des moyens matériels importants qui laisse les gens sans rien une fois l'intérêt retombé.
Depuis le début, les amis journalistes de Patrick ont essentiellement fait le relais, aujourd'hui nous voudrions que ce réseau s'étende à tous les grands reporters.
tf1.fr : Quelles actions l'association a-t-elle mené en 2004 ?
P.B. : Les fonds récoltés ont permis de financer plusieurs opérations. Une école est actuellement en construction à Madagascar. Quinze lauréats kosovars d'un concours organisé en partenariat avec des écoles de français, ont également pu découvrir Paris sous son aspect culturel pendant une semaine. Enfin, des étudiants libanais issus de milieux défavorisés ont bénéficié de bourses scolaires.
tf1.fr : Et pour 2005 ?
P.B. : De nombreux engagements de financement ont d'ores et déjà été pris. Une école va ainsi être créée dans un camp de réfugiés au Cambodge. La réfection d'une autre école sera menée à Bagdad en Irak, dès que la situation le permettra. Nous allons également contribuer au financement d'une école de jeunes filles en Afghanistan. Et enfin, l'association interviendra à Haïti.
(Photo : Patrick Bourrat. DR)
Pour en savoir plus sur l'association ou faire un don : |
Association "Patrick Bourrat : pour que l'école continue", 10, avenue de la Grande Armée, 75017 Paris. Téléphone : 01.44.09.86.89. Fax : 01.44.09.86.90.
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