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Pau : les personnels soignants nous écrivent

Alexandra Guillet par avec
le 20 décembre 2004 à 12h00
Temps de lecture
5min
hopital canicule

Crédits : INTERNE

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SociétéChoqués par le drame de Pau, de nombreux personnels soignants, travaillant en hôpital, ont réagi sur tf1.fr. Violence, sous-effectifs, manque de moyens... ils dressent un portrait cinglant d'une institution "malade".
  • Monique, ex-infirmière à Pau

Il aura fallu un drame de cette ampleur pour que les "instances dirigeantes" daignent se pencher sur les nombreux problèmes du CHP de Pau. A plusieurs reprises, ils ont été dénoncés à la Direction qui a, tout simplement, méprisé nos revendications. Nous demandions une embauche de personnels infirmiers pour assurer une qualité de soins correcte et un minimum de sécurité dans les pavillons. Et la Direction nous répond que, par mesure d'économies, elle nous supprime 54 postes infirmiers, car "c'est le personnel infirmier qui grève le budget du CHP". Et voilà, le drame est arrivé. Si j'en suis bouleversée et profondément révoltée, je n'en suis pas surprise. La violence est quotidiennement présente, dénoncée, mais rien n'est fait : les hospitalisations sont de plus en plus réduites, toujours par souci d'économies, et l'on fait sortir des malades qui sont loin d'être guéris. L'état des lieux est catastrophique. L'infirmière et l'aide-soignante qui ont été massacrées sont des victimes sacrifiées sur l'autel d'une administration incompétente et d'une politique de restriction mettant en danger personnel soignant et malades. Cet hôpital, je le connais : j'y ai travaillé plus de 30 ans.....

  • Florent, infirmier à Courpière

Etant moi-même infirmier, ce drame ne m'étonne pas du tout ! Mr le ministre de la Santé ne doit pas l'être non plus... Le problème de sécurité est posé depuis de nombreuses années, mais (…) il est évident, que le domaine de la santé n'est pas la priorité pour le gouvernement Français (…). Mon voeu le plus cher dans ma carrière de soignant serait d'avoir un homme politique, (…) à soigner pour pouvoir le laisser dans ses excréments, le laisser soufffrir, et lui faire connaitre la solitude...car la réalité est bien celle ci, des patients sont laissés dans leur excrements, faute de personnel ! comment voulez vous prendre en charge de façon respectueuse 27 patients alors que vous n'êtes que deux ! Le jour ou les gens du gouvernement seront à la place des malades alors là ils comprendront !!!!

  • Une aide-soignante à Saint-Denis

Je suis sous le choc ! je suis moi-même aide-soignante mais dans un service de réanimation, je n'ai jamais souhaité travailler en psychiatrie et surtout jamais maintenant ! Il est temps que le ministre fasse quelque chose, merci pour nous !

  • Esther, infirmière en Finlande

Je suis infirmiere psy et j'ai travaillée en France entre 1981 et 1995. Je sais qu'on avait parfois des situations dangereuses mais jamais aussi horribles. Maintenant je travaille en Finlande et ici nous avons des cameras de surveillance dans tous les services et tout le monde doit porter une alarme. Dans les services où il y a les patients les plus dangereux nous avons surtout des hommes qui travaillent. Au moins 4 hommes sont présents tout le temps, on se sent en securité.

  • Caroline, infirmière en milieu psychiatrique à Hyères

Je suis depuis 10 ans professionnelle en milieu psychiatrique. Infirmière, j'affronte régulièrement l'agression de patients, verbale ou physique. Ce phénomène s'accentue de plus en plus. Effectivement, le personnel se fait de plus en plus rare et le nombre d'hommes est en pleine décroissance. De plus, on travaille très souvent au minimum, c’est-à-dire 3 soignants pour 25 patients. Des locaux vétustes, pleins de recoins n'améliorent pas les conditions de travail. Je ne m'étonne pas de l'action de patient ou ex-patient car ceux-ci sont de plus en plus sortis de l'institution par faute de places dans les établissements. et pour terminer, l'allègement des traitements médicaux n'améliorent pas les choses. Le patient a souvent raison et le soignant ne peut plus rien faire sous peine de maltraitance. .

  • Laurie, infirmière dans le 93

Je suis scandalisée par cet événement (...). Je tiens à preciser que moi aussi je suis infirmière en psychiatrie et que c'est malheureusement notre quotidien de faire face à la violence, la cruauté. Et je suis indignée de voir que le gouvernement va peut-être réagir que maintenant !. Encore une fois il faut un drame pour écouter nos cris d'alarme !!!!!

  • Roland, aide-soignant à Rocheservière

Je suis aide-soignant de nuit, travaillant seul dans une maison de retraite accueillant 53 résidents. Je suis concerné par ce drame car nous faisons le même métier. La sécurité incendie et physique n'intéresse personne sauf quand le problème se pose.

  • Une infirmière à Bordeaux

Je suis infirmière à l'hôpital psychiatrique Charles Perrens de Bordeaux depuis 34 ans. Je suis bouleversée par ce qui vient d'arriver à ces collègues. Ce n'est pas la premiere fois qu'il y a des problèmes mais ils sont etouffés. Nous n'avons pourtant pas de primes de risques. Nous n'avons que les risques. Je suis tés affectée par cette nouvelle. Parlez en le plus que vous pourrez cela nous aidera.

  • Sandrine, aide-soignante à Suhescun

Ce qui s'est passé à Pau me fait peur car moi même je suis aide soignante dans un service de geriatrie. On ne nous donne pas les moyens de travailler dans des conditions favorables. C'est quand même malheureux mais il faut en arriver là pour que les autorités en prennent conscience. Mais comme pour la canicule, cela va vite être oublié. Monsieur Douste-Blazy, c'est avant qu'il fallait aller sur le terrain. Car des problèmes d'insécurité il y en a dans tous les établissements.

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