© INTERNELe tribunal correctionnel de Lorient a condamné mercredi à six ans de prison ferme un automobiliste à l'origine d'un accident ayant coûté la vie à un gendarme dans la nuit du 6 au 7 novembre 2003 près de Quéven dans le Morbihan. La mort de Jean-Luc Paul âgé de 25 ans avait suscité une forte émotion en France et un hommage national lui avait été rendu par la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie et par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.
Le conducteur de 44 ans, poursuivi notamment pour "homicide involontaire sous l'empire d'un état alcoolique", a en outre été condamné à payer des dommages et intérêts d'un montant global de 61 000 euros aux parties civiles et à deux amendes de 800 et 450 euros. Le tribunal a aussi prononcé une annulation de son permis assortie d'une interdiction de le repasser pendant six ans. Le procureur avait requis neuf ans de prison contre ce Finistérien, un récidiviste déjà condamné en 1998 pour "conduite sans permis" et "en état d'ivresse".
"Ce n'est pas une fatalité"
Le gendarme volontaire avait été tué et un de ses collègues blessé après avoir été percutés par ce conducteur, alors qu'ils régulaient la circulation à la suite d'un premier accident sur une voie express. Lors de son audition par les enquêteurs de la brigade de recherches de la gendarmerie de Lorient l'homme avait reconnu avoir consommé de l'alcool chez lui puis lors d'une soirée en discothèque. Il avait indiqué être entré sur la voie express environ 300 m avant le lieu du drame et admis avoir vu une "lumière blanche" émanant d'un bâton actionné par un gendarme juste avant de perdre le contrôle de son véhicule.
Le conducteur impliqué dans le premier accident et qui présentait lui aussi un taux d'alcoolémie anormalement élevé (1,6g/l), a été condamné mercredi à deux mois de prison et à une interdiction de permis de 8 mois. Le gendarme tué dans l'accident avait été élevé au grade d'aspirant, à titre posthume, et décoré notamment de la médaille d'or des "actes de courage et de dévouement". Lors d'une cérémonie dans une caserne de Lorient, Nicolas Sarkozy avait affirmé ne pouvoir "accepter le sacrifice de Jean-Luc Paul comme le fruit de la fatalité", ajoutant que "ce n'est pas une fatalité quand on prend le volant avec 2,29 grammes d'alcool dans le sang".
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