Accords et désaccords

Par A.Ga. (d'après AFP), le 23 janvier 2005 à 20h45 , mis à jour le 24 janvier 2005 à 10h15

Le président de l'UDF François Bayrou et le ministre des Transports Gilles de Robien ont exposé deux visions du rôle de leur parti, dimanche, à Paris, lors du congrès de l'UDF. Le ministre des Transports a toutefois promis de soutenir Bayrou à la présidentielle de 2007.

Gilles de Robien © DR

Turquie, participation de l'UDF au gouvernement, critique de l'exécutif… Le président de l'UDF François Bayrou et le ministre des Transports Gilles de Robien ont exposé deux visions totalement différentes du rôle de leur parti au sein de la majorité, dimanche au congrès de leur parti. 

Ainsi concernant la participation de l'UDF au gouvernement, Gilles de Robien a plaidé pour un investissement accru au gouvernement, tandis que François Bayrou a refusé fermement cette option. "Nous accréditerions définitivement aux yeux des Français l'idée que l'UDF et l'UMP, c'est pareil. Nous condamnerions définitivement notre formation politique", a dit le président de l'UDF.

Critiques du gouvernement

Dissensions également à propos de l'exécutif. Dès l'ouverture du congrès, François Bayrou avait critiqué "le robinet des promesses intenables" du gouvernement, notamment en matière de baisses d'impôts. Il avait dénoncé la "crise de la démocratie" et la "nouvelle fracture sociale" qui a, selon lui, atteint les classes moyennes. Pour tenter de remédier à ce "marasme", le député des Pyrénées-Atlantiques a fait des propositions pour une "nouvelle politique salariale" : heures supplémentaires mieux rémunérées et intéressement des salariés aux résultats des entreprises.

A propos de la Turquie, autre point clef de sa stratégie, François Bayrou a confirmé que son parti serait résolument engagé dans la campagne pour le "oui" au référendum sur la Constitution, mais sans occulter la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, à laquelle la très grande majorité de l'UDF est opposée. S'alignant plutôt sur la position de Jacques Chirac, Gilles de Robien a appelé son parti à "ne pas claquer la porte au nez d'un candidat" à l'Union européenne. Le ministre des Finances Hervé Gaymard a lui évoqué lundi matin la "villiérisation" de François Bayrou, l'accusant de "démagogie" et laissant entendre qu'il "cultive les peurs" de l'électeur.

"François et tous les autres"

Les deux hommes sont toutefois d'accord sur l'objectif final : présenter "un candidat, une équipe, un projet" pour la prochaine élection présidentielle, le seul ministre UDF du gouvernement ayant promis de soutenir François Bayrou en 2007. "Il n'y aura pas de Gilles contre François, il y aura François et tous les autres derrière lui", a assuré le ministre des Transports.

Gilles de Robien, qui a été accueilli par quelques sifflets, vite couverts par les applaudissements, apparaît isolé au sein d'une équipe soudée autour de François Bayrou. Les congressistes ont d'ailleurs voté samedi soir à une écrasante majorité en faveur d'une résolution exposant les grandes lignes de la politique du président de l'UDF.

(Gilles de Robien, 23 janvier, lors du congrès)

Par A.Ga. (d'après AFP) le 23 janvier 2005 à 20:45
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