© INTERNELe Parquet a souhaité lundi que la 14e requête en révision formulée dans le dossier Seznec soit "favorablement accueillie" par la commission de révision des condamnations pénales. Guillaume Seznec a été condamné en 1924 pour le meurtre de son ami Pierre Quéméneur, conseiller général, lors d'un voyage à Paris. L'intéressé, puis ses héritiers, n'ont cessé de clamer son innocence et espèrent obtenir cette semaine une révision du procès, 80 ans après l'affaire.
Pour convaincre la justice de rouvrir le dossier, les demandeurs ont fait valoir des faits apparus depuis le premier procès et qui insistent sur le rôle qu'aurait pu jouer dans le meurtre un dénommé Gherdi et sur ses relations avec l'inspecteur de police, Pierre Bonny, en partie chargé l'enquête criminelle. A l'époque, Gherdy avait été considéré comme une invention de Seznec, en mal d'alibi.
Un individu trouble
Depuis, l'existence de Gherdy a été démontrée mais pas jugée suffisante pour rouvrir le dossier. De nouveaux témoignages permettent, selon les demandeurs, de dresser un portrait trouble de cet homme, trafiquant de voitures américaines vers l'URSS après la première guerre mondiale, et surtout agent de la Gestapo. Ces révélations ont été faites notamment par une résistante, Colette Noll, arrêtée en 1944 et déportée à Ravensbrück, qui s'est souvenue de Gherdi et de ses rapports notamment avec Bonny.
Lundi matin, d'après l'agence Reuters, la commission de révision a fait état de deux expertises réalisées en 2004 sur les deux principales pièces à conviction du dossier d'accusation de l'époque, des faux actes de ventes imputés à Guillaume Seznec et une machine à écrire : elles accableraient plutôt Seznec. En cas de révision du dossier, la commission transmettra à la chambre criminelle de la Cour de cassation, seule habilitée à revoir l'affaire, en l'occurrence à annuler la sanction.
(Image d'archives : Guillaume Seznec)
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