Chirac dépolitise le référendum

le 07 janvier 2005 à 13h34 , mis à jour le 07 janvier 2005 à 13h43

Lors de ses voeux à la presse vendredi, le chef de l'Etat a affirmé que le référendum sur la Constitution européenne serait "une question simple posée aux Français sur l'avenir de l'Europe", et non "pas une élection politique".

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Peut-on organiser un référendum sans que le vote soit détourné de la question posé aux électeurs ? C'est un pari délicat mais c'est le vœu formulé vendredi matin par Jacques Chirac lors de ses vœux à la presse. Le chef de l'Etat a affirmé que le référendum sur la Constitution européenne serait "une question simple posée aux Françaises et aux Français sur l'avenir de l'Europe", et non "pas une élection politique".

"Il y a bien sûr la tentation, toujours présente, dans les consultations de ce type, de les dénaturer. Il en va de la responsabilité de chacun de refuser d'y céder", a-t-il souligné.

Jacques Chirac recevra "dès la semaine prochaine" les responsables des formations politiques représentées au Parlement, ce qui exclut le Front national de Jean-Marie Le Pen. "Il y aura aussi, je le sais bien, la tentation de détourner le référendum à des fins politiciennes. L'enjeu de la Constitution européenne est national et européen", a ajouté Jacques Chirac qui a annoncé le 31 décembre que ce référendum aurait lieu "avant l'été".

"Si la Turquie entre un jour dans l'Europe..."

A l'adresse de ceux qui "essaient de jouer sur les peurs en demandant aux Françaises et aux Français de se prononcer sur la Constitution européenne en fonction de ce qu'ils pensent de la Turquie", le président de la République a affirmé que "les deux questions n'ont strictement rien à voir". "Si la Turquie entre un jour dans l'Europe, c'est qu'elle aura assumé un programme de réformes considérable, qui l'aura profondément transformée", a-t-il souligné.

"Alors, et alors seulement, les Françaises et les Français pourront prendre leur décision en toute connaissance de cause, en fonction de ce que sera devenue réellement la Turquie à cette date, c'est à dire dans 10 ou 15 ans et non pas en fonction de ce qu'est la Turquie aujourd'hui, alors que la question de son adhésion ne se pose pas encore concrètement", a-t-il dit. Jacques Chirac a assuré qu'il ferait campagne en parlant de l'enjeu "national et européen" de la Constitution européenne, "à l'exclusion de toute autre considération".

"Chacun aura à se prononcer en fonction de l'intérêt de la France et de sa vision de l'Europe, car c'est de cela qu'il s'agit, c'est-à-dire en fait de l'essentiel, et de rien d'autre", a-t-il ajouté. Selon le chef de l'Etat, "le projet européen n'a cessé de progresser, mais il est encore en devenir". "Cette Europe plus active, plus entreprenante et plus solidaire, il va falloir la bâtir et, à l'évidence, nous ne la bâtirons pas seuls", a-t-il dit.

le 07 janvier 2005 à 13:34
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