Chirac/ Irak : "Ne pas mettre en cause la vie des gens"

le 07 janvier 2005 à 16h40 , mis à jour le 07 janvier 2005 à 17h43

Lors de ses vœux à la presse, le chef de l'Etat a "formellement déconseillé" aux rédactions d'envoyer des journalistes pour couvrir l'actualité en Irak, invoquant des risques pour leur sécurité et "un coût global très important pour la nation".

voeux_chirac © DR

Faisant part de son "inquiétude" suite à la disparition, depuis mercredi matin, de la journaliste de Libération Florence Aubenas, Jacques Chirac a assuré que "tous les moyens sont mobilisés pour obtenir des informations et la retrouver." Mais le chef de l'Etat a aussitôt déclaré qu'il "comprenait les exigences du métier" de journaliste mais qu'il y avait "une limite, la mise en cause de la vie des gens".

"S'il y avait moins de journalistes sur place, il y aurait moins de risques. On expose la vie des gens. Ce n'est pas raisonnable", a martelé le président de la République lors de ses voeux à la presse. "Pour tous, c'est une question de responsabilité. Vous ne savez pas l'ampleur des efforts qu'on est obligé de faire" pour retrouver les personnes disparues en Irak. "Cela a un coût global très important pour la nation", a-t-il ajouté, faisant référence à la mobilisation des services de l'Etat pendant la longue détention de Christian Chesnot et Georges Malbrunot.

"Ne pas sortir de son bureau"

"Dans la période actuelle, vous le savez, la sécurité de nos correspondants de presse ne peut pas être assurée en Irak. C'est ainsi", a déploré le chef de l'Etat. Avant de lancer avec des mots choisis : "Je veux redire que les autorités françaises déconseillent formellement l'envoi de journalistes dans ce pays". Au patron d'une grande agence de presse, Jacques Chirac a conseillé de dire à ses journalistes en poste en Irak "de ne pas sortir du bureau".

Un peu plus tôt, le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier avait lui aussi "recommandé à l'ensemble des médias de ne pas envoyer des journalistes". Jeudi soir, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, avait également tenu un langage de prudence : "Je crois que la voie de la sagesse, c'est d'éviter d'aller dans ce pays actuellement et en tout cas d'être extrêmement prudent dans ce que l'on fait".

Un discours rejetté par Robert Ménard, le patron de Reporters sans frontières. "Il est impératif que les médias étrangers continuent de couvrir la situation dans ce pays", a-t-il assuré.

le 07 janvier 2005 à 16:40
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