Chirac propose une taxe pour lutter contre le sida

le 26 janvier 2005 à 18h24 , mis à jour le 26 janvier 2005 à 20h34

Le chef de l'Etat a proposé mercredi la création d'un "prélèvement de solidarité internationale", notamment pour financer la lutte contre le sida qui mine les pays paûvres.

Chirac

Oubliée la taxe Tobin, peut-être bientôt une taxe Chirac. Le chef de l'Etat a proposé mercredi à Davos de créer, "à titre expérimental", une taxe internationale sur les transactions financières internationales ou les billets d'avion pour financer la lutte contre le sida. "Je propose aujourd'hui d'aller de l'avant, par la création à titre expérimental d'un prélèvement pour financer la lutte contre le sida", a-t-il dit devant le gotha de la politique et de l'économie réuni au Forum économique mondial, par le biais d'une visio-conférence depuis Paris.

En raison du mauvais temps en début d'après-midi dans cette station de ski des Grisons , Jacques Chirac, qui doit participer jeudi aux cérémonies du 60ème anniversaire de la libération du camp nazi d'Auschwitz, a dû renoncer à venir en personne à Davos. Affirmant que la communauté internationale était "en train d'échouer face à cette terrible pandémie", il a souligné qu'il fallait "mobiliser au moins 10 milliards de dollars par an" pour enrayer la progression du sida. "Plusieurs assiettes pour ces nouvelles resssources sont envisageables", a-t-il dit.

Le chef de l'Etat a évoqué différentes pistes: "une contribution sur les transactions financières internationales" pouvant rapporter dix milliards de dollars par an, "un prélèvement sur les flux de capitaux sortants et entrants" dans les pays qui maintiennent le secret bancaire, "une contribution sur le carburant utilisé par le transport aérien et maritime" pouvant rapporter plusieurs milliards de dollars, et "un faible prélèvement", par exemple d'un dollar, "sur les trois milliards de billets d'avion vendus chaque année dans le monde".

Il suggère également "de susciter en plus grand nombre des contributions volontaires pour le développement" par le biais d'incitations fiscales encourageant les dons privés. Le président français reconnait qu'"il est normal que ces propositions fassent débat", allusion voilée à l'hostilité déclarée des Etats-Unis à toute idée de prélèvement international obligatoire. "Il ne saurait être question d'outrepasser la souveraineté et les compétences fiscales des Etats", a-t-il dit en ajoutant toutefois que "rien n'interdit aux Etats de coopérer, de s'entendre sur de nouvelles ressources et sur leur affectation à une cause commune".

le 26 janvier 2005 à 18:24
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