Parmi les 44 chefs d'Etat présents, les présidents Poutine (Russie) et Kwasniewski (Pologne), ici à droite de Jacques Chirac, se sont exprimés à la tribune. © TF1Comme lors de son discours du Vel d'Hiv en 1995, Jacques Chirac a rompu jeudi à Auschwitz avec la doctrine de tous ses prédécesseurs, du général de Gaulle à François Mitterrand, en évoquant "plus qu'une douleur" pour la France, "la conscience d'une faute" dans le drame de la déportation. Il était l'un des chefs d'Etat et de gouvernement participant à la cérémonie internationale marquant le 60ème anniversaire de la libération du camp nazi.
Le 16 juillet 1995, il avait été le premier président français à reconnaître la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des Juifs. Dans son allocution en Pologne, le président français a affirmé vouloir "exprimer devant l'Histoire" une triple volonté : "volonté de témoigner et de transmettre, volonté d'honorer, volonté d'agir". Sur le livre d'or du Musée d'Auschwitz, il a aussi évoqué "la volonté de bâtir un monde de tolérance, de justice et de paix". Accompagné de Simone Veil, qui fut déportée à Auschwitz, et de dix élèves du collège Louis-Pasteur de Longjumeau, dans la banlieue parisienne, âgés de 14 ans, le président français a souligné la nécessité de maintenir "fermement l'exigence de mémoire qui est une exigence de vérité et de responsabilité".
"Nous n'oublierons jamais"
Le chef de l'Etat a souligné "le devoir des peuples qui refusent qu'à la trahison des valeurs de l'homme s'ajoute l'outrage de l'oubli". "Votre souvenir, celui de ce "monde qui fut", est pour la France plus qu'une douleur. Il est la conscience d'une faute. Il est une exigence de responsabilité", a-t-il dit en s'adressant à tous les Juifs "happés par la folie criminelle des nazis". Invitant à "rester fidèles à la mémoire de la Shoah", il a une nouvelle fois invité les professeurs de France à rappeler l'histoire aux jeunes générations "pour que jamais ne s'efface le souvenir". "Oui nous savons et nous n'oublierons jamais. Nous ne renoncerons jamais à notre idée de l'homme et de sa dignité", a-t-il déclaré.
Le président français avait commencé sa visite au camp nazi d'Aushwitz-Birkenau par un moment de recueillement à la "Judenrampe", où les déportés arrivaient en train. Ce "lieu de mémoire tragique" a été restauré par l'Association des fils et filles de déportés juifs de France, présidée par Serge Klarsfeld. Les rails ont été dégagés et deux wagons en bois y ont été installés. Jacques Chirac a ensuite inauguré la nouvelle exposition du Pavillon français, installé, a-t-il rappelé, dans le "block 20, lieu du sinistre hôpital du camp". Jacques Chirac s'est montré très attentif à ce que les dix jeunes qui l'accompagnaient écoutent les explications. "C'est le plus important. Ce sont eux qui porteront le témoignage", a-t-il dit.
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