
Le 17 septembre dernier, Tarek est tué dans des combats au nord-ouest de Bagdad, dans le "triangle sunnite". Comme beaucoup de ses compagnons, c'est un homme jeune : 24 ans. Mais Tarek a ceci de particulier qu'il est originaire de la région parisienne. Il n'est pas vraiment le seul : en juillet précédent, Redouane perdait la vie à Falloujah et, en octobre, c'était au tour de Abdel-Halim. Tous deux avaient 19 ans.
Ces morts avaient fini de convaincre le contre-espionnage français qu'une filière de recrutement devait agir sur le territoire français. En début de semaine, la DST a sans doute partiellement démantelé cette filière. Sept personnes, dont ni les identités ni les âges n'ont été révélés et parmi lesquelles figurent deux femmes, ont été interpellées lundi à Paris, en divers endroits du XIXe arrondissement. Elles se trouvaient toujours en garde à vue mardi soir. Mercredi, quatre autres personnes ont été arrêtées.
Dix ou vingt Français ?
Fin 2004, les spécialistes antiterroristes estimaient qu'il n'y avait "pas plus d'une ou deux dizaines de jeunes Français" partis pour l'Irak. Selon la DGSE, la Direction générale de la surveillance extérieure, l'un d'entre eux, "d'origine algérienne, serait chef d'un groupe islamiste fort d'une vingtaine d'individus" dans ce pays. Fawzi avait quitté sa famille dans l'ouest de la France pour se rendre en Irak via la Syrie au cours de l'été 2004. Un chemin semble-t-il privilégié pour rejoindre les rebelles irakiens.
Retour sous surveillance
Outre une maison de prière de Levallois fermée en juin 2004, les milieux proches de la mosquée Adda'Wa, dans le XIXe arrondissement, sont suspectés de constituer l'un des viviers de recrutement de jeunes Français pour l'Irak. Le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire le 20 septembre à la suite d'informations sur d'éventuels suspects susceptibles de constituer une filière irakienne de recrutement. "A ce stade, on ne peut pas parler de filières organisées, à l'inverse de ce qu'il s'était passé en Afghanistan", estiment les spécialistes français.
Plus que leur départ en Irak, le retour en France de ces jeunes hommes est redouté par les autorités françaises. "S'ils reviennent, estiment-elles, ce sera avec un prestige accru et ils seraient susceptibles de recruter ou de monter des dispositifs terroristes".
(Image LCI - archives : des rebelles en Irak)
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