Drame du Mont-Blanc : les familles réclament justice

le 31 janvier 2005 à 07h00 , mis à jour le 31 janvier 2005 à 16h20

Le procès de l'incendie qui a tué 39 personnes dans le tunnel du Mont-Blanc en mars 1999 s'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Bonneville en Haute-Savoie. 16 personnes physiques et morales doivent comparaître pour "homicides involontaires".

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Le procès du tunnel du Mont-Blanc s'est ouvert lundi à 13h40 à Bonneville, en Haute-Savoie. Depuis six ans, 200 parties civiles attendent des explications. Ces parents et proches des 39 victimes de l'incendie du tunnel du Mont-Blanc attendent de savoir ce qui s'est réellement passé ce 24 mars 1999. Un camion frigorifique transportant de la farine et de la margarine s'embrase alors au milieu du tunnel routier. Parmi les victimes de ce drame, beaucoup de routiers, mais aussi un pompier et un employé du tunnel.

Au total, seize personnes physiques et morales comparaissent aujourd'hui devant le tribunal pour "homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité". Deux d'entre elles ont été citées directement par les familles des victimes. Les prévenus encourent jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Les parties civiles demanderont des dédommagements, les proches des victimes n'ayant à ce jour reçu que des acomptes.

Quelles responsabilités ? 

Le procès va peut-être permettre de déterminer les responsabilités de ce drame. La première personne mise en cause est le chauffeur belge du camion à l'origine de l'incendie. On lui reproche de s'être arrêté au milieu de la route, et non dans un garage. La question de la responsabilité de Volvo, le constructeur du camion, sera également examinée. Selon les expertises, l'origine du feu est attribuée à l'arrivée d'un objet incandescent, comme un mégot, dans le filtre à air, à une mauvaise conception du moteur ou à un mauvais entretien du véhicule.

Mais ce sont surtout les conditions d'exploitation du tunnel, la gestion de la catastrophe et le comportement des secours qui seront passés au crible. Les salariés et dirigeants des deux sociétés concessionnaires française et italienne devront en particulier s'expliquer sur la rareté des exercices de sécurité, le rôle crucial de la ventilation qui semble avoir attisé le feu plutôt qu'évacué la fumée ou encore sur le retard de la mise au rouge des feux à l'entrée et à l'intérieur du tunnel.

La Société italienne du tunnel du Mont-Blanc (SITMB) a accepté une transaction à l'amiable avec les familles des victimes, et versé une somme de 13,5 millions d'euros sur un compte bancaire en France, a annoncé jeudi l'Association de défense des familles des victimes. La somme, qui ne constitue pas une reconnaissance de responsabilité, a précisé la SITMB, restera bloquée dans l'attente d'un accord de 80% des 238 ayants droit des victimes.

Un immense gymnase

Pour ce "procès hors normes", la justice a dû s'adapter. Le palais de justice de Bonneville étant trop petit, les audiences se dérouleront dans une salle des spectacles de 600 m2, entièrement refaite après un incendie criminel et spécialement aménagée en tribunal. D'un coût évalué à un million d'euros (hors indemnités aux parties civiles et aux témoins), le procès sera traduit en trois langues (anglais, italien et allemand). Il doit durer trois mois.

photo : l'ouverture du procès (LCI)

le 31 janvier 2005 à 07:00
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