L'émotion lors du procès du tunnel du Mt Blanc

Par AFP, le 31 janvier 2005 à 22h20 , mis à jour le 31 janvier 2005 à 22h27

Les noms des 39 victimes égrénés, un des prévenus interpellé par la mère d'un disparu... La première audience du procès de la catastrophe du tunnel du Mont-Blanc devant le tribunal de Bonneville a été dominée par plusieurs moments forts. Les actes de procédure ont néanmoins dominé la journée.

proces mont blanc © DR

Le président du tribunal correctionnel de Bonneville, en Haute-Savoie, Renaud Breton de Vannoise a ouvert lundi le procès du tunnel du Mont-Blanc en égrenant les noms des 39 victimes de l'incendie qui a ravagé l'ouvrage, le 24 mars 1999.

Autre moment d'émotion au début de ce procès qui doit rechercher les responsabilité du drame pendant trois mois: la mère d'un routier mort dans la catastrophe, Jeannine Perquin, est allée voir Gilbert Degrave, le chauffeur belge qui conduisait le camion transportant de la margarine qui s'est enflammé au milieu du tunnel. "Je voulais le regarder dans les yeux et lui montrer la photo de mon fils Jean-Michel. Je lui ai demandé s'il dormait bien depuis le drame. Il m'a répondu non. Il ne dort plus la nuit, comme moi. Il s'est effondré en larmes et je l'ai embrassé", a-t-elle dit.

Série d'actes de procédure

Le président Renaud Breton de Vannoise a rappelé que les seize prévenus, douze personnes physiques et quatre personnes morales, les opérateurs du tunnel et Volvo, étaient poursuivis pour "homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposé par la loi ou le règlement".

La première audience a largement été dominée par une longue suite d'actes de procédure: serment des interprètes, appel des prévenus - qui sont pour la plupart des gestionnaires et techniciens du tunnel - et des représentants des personnes morales poursuivies.

Seul absent des douze personnes physiques poursuivies, Charles Salzmann, président de l'ATMB de 1989 à 1992, âgé de 78 ans et victime d'un accident vasculaire cérébral en janvier 2003, a été excusé pour raison médicale. Mais cet homme se déplaçant en fauteuil roulant, qui fait l'objet d'une citation directe de Me Alain Jakubowicz, avocat de l'association des familles des victimes, sera entendu le 18 mars.

"Connaître la vérité"

Le tribunal a également enregistré de nouvelles constitutions de parties civiles, élevant le nombre total des plaignants à plus de trois cents, selon Me Jakubowicz.

Le maire de Chamonix, Michel Charlet est arrivé accompagné d'élus et d'une vingtaine de militants de l'Association pour le respect du site du Mont-Blanc (ARSMB). Ils ont déroulé une banderole "tous solidaires avec notre maire".

Le président de l'Association de défense des familles des victimes, André Denis, a invité les familles à faire preuve d'une certaine assiduité au procès : "Pour montrer notre détermination (...) pour manifester notre volonté de connaître la vérité et d'entendre des condamnations sortir de cette affaire".

Le 24 mars 1999, vers 11 heures, le camion frigorifique transportant de la farine et de la margarine s'embrasait au milieu du tunnel routier. L'incendie se propageait à 35 autres véhicules, formant un brasier qui n'a été éteint que deux jours plus tard : un pompier et un employé du tunnel figuraient parmi les 39 morts.

Par AFP le 31 janvier 2005 à 22:20
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