L'explosion des retraits de permis

le 19 janvier 2005 à 17h58 , mis à jour le 19 janvier 2005 à 22h21

Conséquence de la volonté affichée par les pouvoirs publics de réprimer la délinquance routière, 37.000 permis de conduire ont été annulés en 2004, soit une hausse de plus de 76%. Et le ministère de l'Intérieur de prévenir : ce n'est qu'un début.

permis conduire © INTERNE

Répression accrue des conduites à risques, mise en place des radars automatiques : les efforts des pouvoirs publics dans la lutte contre la délinquance routière, décrétée priorité gouvernementale, sont nettement visibles. Leurs effets en matière de sécurité aussi, avec un nombre d’accidents de la route en baisse. Mais ils ont comme autre conséquence de faire du permis un document de plus en plus fragile… 37.000 permis de conduire ont ainsi été annulés en 2004, consécutivement aux retraits de points pour diverses infractions au code de la route, contre près de 21.000 l'année précédente. Soit une hausse de… 76,47%.

"L'augmentation est considérable", reconnaît la Direction des libertés publiques et de l'action juridique (DLPAJ) du ministère de l'Intérieur, qui a adressé "2,5 millions de lettres de retrait de points" aux automobilistes verbalisés, selon les chiffres révélés mercredi par RTL. En 2003, 1,650 million de ces lettres avaient été expédiées. Selon le ministère, "par rapport à 2002, année où le président de la République a lancé la politique de lutte contre l'insécurité routière", la hausse est de 170%.

Montée en puissance de "l'effet radar"

Si les radars automatiques sont la partie la plus visible et la plus médiatique du dispositif de lutte contre la délinquance routière, ils ne sont pourtant pas la première cause de cette inflation de retraits de permis. L'augmentation constatée entre 2003 et 2004 "ne prend en compte que de manière très parcellaire l'effet des radars", analyse ainsi la DLPAJ, puisque seulement 450.000 des 2,5 millions de lettres d'annulation envoyées sont consécutives aux excès de vitesse enregistrés par les radars fixes. Elle "tient davantage à la présence des forces de police et de gendarmerie sur les routes, à l'accroissement des contrôles et au changement du barème du nombre de points perdus par infraction", assure la DLPAJ.

De fait, le défaut de ceinture est passé de 1 à 3 points et l'alcoolémie contraventionnelle (0,50 à 0,80gr) de 4 à 6 points. S'y ajoute la nouvelle infraction de téléphoner en roulant, passible d'un retrait de 2 points.

Mais que les automobilistes se rassurent : "l'effet radar va pleinement se produire à partir de maintenant", estime-t-on au ministère, en raison de l'installation progressive des radars fixes : 400 au total fin 2004, et 450 prévus tout au long de l'année 2005. Avec l'effet radar qui va monter en puissance, la DLPAJ émet donc l'hypothèse de "100.000 à 150.000 permis annulés en 2005 et (celle de) l'envoi de 10 millions de lettres de retrait de points". Encore s'agit-il là d'une "hypothèse plutôt basse", ajoute-t-elle, en évoquant le nombre de "20 millions de lettres".

Photo d’ouverture : archives

le 19 janvier 2005 à 17:58
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