© DRTrois hommes cagoulés ont affirmé vendredi soir à deux reporters irakiens, dont celui de l'AFP, dans la ville de Balad, à 75 km au nord de Bagdad que "la journaliste et la personne qui l'accompagne sont en bonne santé".
Les trois hommes n'ont pas explicitement mentionné le nom de la journaliste et de son interprète. Mais selon toute vraisemblance, il s'agit de l'envoyée spéciale du quotidien français à Bagdad, Florence Aubenas, et de son interprète irakien Hussein Hanoun Al Saadi, disparus depuis mercredi, ont estimé les deux reporters irakiens sans en avoir de preuves définitives
Mitrailleuse lourde
Le journaliste de l'AFP a raconté qu'il s'était rendu de Samarra à Balad pour enquêter sur le rapt de deux membres de l'armée irakienne. Une voiture blanche de fabrication japonaise a stoppé sa voiture. Un homme cagoulé est sorti du véhicule, alors que le chauffeur et un autre sur la banquette arrière étaient restés dans la voiture. Un autre homme armé d'une mitrailleuse lourde était en position dans la rue.
"Il a demandé ce que nous faisions ici et nous lui avons répondu que nous étions journalistes", a indiqué le correspondant de l'AFP. "Il nous a dit: 'La journaliste et la personne qui l'accompagne sont en bonne santé'", a-t-il ajouté. L'homme cagoulé leur a demandé de quitter les lieux immédiatement. Balad est une localité rebelle où se produisent de nombreuses attaques contre les militaires américains et les forces de sécurité irakiennes.
Circonspection
Ces informations ont été accueillies avec prudence par la direction du quotidien français. "C'est toujours un soulagement et encourageant d'avoir des nouvelles, mais les informations sont encore imprécises et parcellaires", a déclaré Antoine de Gaudemar, directeur de la rédaction de Libération.
Sous le choc de cette disparition, le quotidien a publié samedi une tribune de son directeur de la publication, Serge July, intitulée "Un témoignage indispensable". Il y salue aussi bien le travail de Florence Aubenas, qui "incarne à bien des égards les valeurs et les qualités de notre journal", qu'Hussein Hanoun Al Saadi, "sans lequel notre couverture des événements ne serait pas ce qu'elle est". "Nous attendons tous la réapparition de Florence et de Hussein, le coeur étreint et le souffle court", affirme-t-il en conclusion de son article.
De son côté, le ministère des Affaires étrangères n'a pas souhaité réagir à ces informations tout en soulignant qu'il était "totalement mobilisé" pour retrouver la journaliste et son interprète.
Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter, a disparu mercredi matin alors qu'en compagnie de son interprète elle était en reportage sur place depuis le 16 décembre, enquêtant notamment sur les femmes candidates aux élections irakiennes du 30 janvier.
(Photo : Florence Aubenas/DR)
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