© INTERNE"La France en déclin", "la France qui tombe", voilà quelques refrains souvent entendus ces derniers mois dans le débat public français. Les premier résultats du recensement conduit en janvier et février 2004 font mentir ce discours, tout du moins sur le plan démographique. En effet, la France a gagné 365.000 personnes par an depuis 1999, soit 1, 7 million en quatre ans. Elle compte aujourd'hui 62 millions d'habitants.
Le taux de croissance de la population excède légèrement 0,5% par an, contre + 0,4% sur la période 1990-1999. "Cette croissance est due pour les trois quarts à l'accroissement naturel et pour un quart au solde migratoire, une proportion qui est inversée par rapport à nos voisins européens. En Allemagne ou en Italie, les décès sont plus nombreux que les naissances et la croissance démographique ne se maintient que par l'apport migratoire", a expliqué Jean-Michel Charpin, le directeur général de l'Insee. En France, le solde naturel s'élève de 1999 à 2004 à + 1,13 million d'habitants et le solde migratoire à + 410.000.
Une France qui vieillit
L'indicateur de fécondité reflète cette tendance, avec une augmentation à 1,86 enfant par femme sur 1999-2003, contre 1,72 de 1990 à 1998. La population continue cependant de vieillir en France métropolitaine : les plus de 60 ans représentent 21,8% de la population, les plus de 75 ans 8,7% (7,7% en 1999). A l'inverse, la part des moins de 20 ans a diminué de 24,6% à 23,8%. "Ces résultats sont en grande partie dus au vieillissement des générations du baby-boom et à l'allongement de la durée de vie", a affirmé Stéfan Lollivier, directeur des statistiques démographiques et sociales.
La proportion d'immigrés âgés de plus de 18 ans résidant en France métropolitaine a progressé pour atteindre 9,6% de l'ensemble de la population du même âge (8,9% en 1999), soit 4,5 millions de personnes. Pour la première fois, les femmes sont plus nombreuses que les hommes parmi les immigrés (50,3%), a noté l'Insee. La proportion d'immigrés majeurs ayant acquis la nationalité française progresse de 37 à 41% de 1999 à 2004.
Les régions de la moitié sud de la France restent les plus attractives (Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées). L'Ile-de-France, largement déficitaire au plan migratoire, concentre 40 à 45% de l'excédent naturel de la métropole du fait de la jeunesse et de la fécondité de ses habitants et gagne + 0,58% par an.
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