
François Bayrou était seul candidat, sa réélection samedi à la tête de l’UDF n’est donc pas une surprise. "Moi-même j'ai failli oublier de voter tant l'enjeu n'était pas brûlant", a-t-il lancé sous forme de boutade à l’issue du vote. En revanche, François Bayrou ne manquera pas de se féliciter de son score, un vrai plébiscite avec 98,46% des voix. "C'est un acte de confiance qui me touche beaucoup", a-t-il aussitôt déclaré.
"La pensée de l'UDF ne se laissera pas aligner"
François Bayrou, qui a succédé à François Léotard à la présidence de l'UDF le 16 septembre 1998, avait été réélu pour deux ans le 17 janvier 2003, avec 95,46% des voix. Il avait alors face à lui deux autres candidats. "Chaque fois que ça tanguait un peu, chaque fois que nous avions un oukaze, chaque fois je pense à vous et ça suffit pour repousser toutes les intimidations", a encore dit M. Bayrou, réaffirmant qu'"il faut une voix libre dans le paysage politique français. Nous avons décidé d'être celle-là".
Alors que ses récentes attaques contre les promesses "mirobolantes" de Jacques Chirac et du gouvernement ont été épinglées, à droite comme à gauche mais aussi au sein de son propre parti par Gilles de Robien, seul ministre UDF, François Bayrou il a réaffirmé dès vendredi, lors de l’ouverture du Congrès de l’UDF à Paris, que "la pensée de l'UDF ne se laissera pas aligner". "Nous continuerons à parler au président de la République, parce que c'est le président de la République qui est le premier responsable, parce qu'il n'y a pas en France de crime de lèse-majesté", a-t-il affirmé sous des applaudissements nourris de l'assistance. Il s'en est particulièrement pris aux engagements répétés du chef de l'Etat et du gouvernement de parvenir à une baisse de 30% de l'impôt sur le revenu d'ici la fin du quinquennat.
Parité homme-femme
Le bureau politique du parti, qui rassemble environ 350 personnes dont la moitié de membres élus, doit être renouvelé dans la journée de samedi par un vote du Conseil national de l'UDF. Le congrès de l'UDF a par ailleurs voté des modifications statutaires, résultant des travaux du "comité Berthier", formé à l'automne dernier pour réfléchir à "une meilleure organisation du parti", afin de le mettre "en ordre de marche pour 2007". Parmi les 22 propositions de ce comité adoptées au Congrès, l'une concerne la parité hommes-femmes qui devient une règle dans chacune des instances de l'UDF. La création d'une fédération internet, qui aura les mêmes statuts qu'une fédération départementale mais n'imposera pas de localisation géographique, a aussi été décidée. Pour plus de démocratie et de transparence dans le parti, l'intranet de l'UDF soumettra à la discussion des militants "les argumentaires de l'UDF sur les événements d'actualité et le projet".
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