Giraud : la piste du gaz toxique

le 06 janvier 2005 à 11h53 , mis à jour le 01 mars 2005 à 11h44

Le procureur de la République de Sens affirme jeudi que Géraldine Giraud et Katia Lherbier sont mortes suite à l'inhalation d'un gaz toxique. Ce gaz pourrait être de la chloropicrine, utilisée en guise d'insecticide mais aussi pour détruire un certain nombre de nuisibles dans la chasse.

maison affaire giraud

La fille du comédien Roland Giraud, Géraldine Giraud, et son amie Katia Lherbier seraient mortes par inhalation de gaz toxique, a annoncé jeudi le procureur de la République de Sens, Michel Meurant, en rendant compte, devant la presse, du rapport d'autopsie et d'un pré-rapport d'experts en toxicologie. Les deux jeunes femmes avaient disparu début novembre et leurs corps ont été retrouvés le 9 décembre à Villeneuve-sur-Yonne au fond d'un puisard dans le jardin d'un suspect, Jean-Pierre Treiber. Ce dernier avait été arrêté le 23 novembre en possession des cartes bancaires de Géraldine Giraud et Katia Lherbier.

Dans la recherche des causes de la mort des deux jeunes femmes, "on n'a rien trouvé de déterminant lors de l'autopsie", a précisé Michel Meurant. "Les analyses toxicologiques à partir des prélèvements biologiques n'ont rien donné. Donc on s'est tourné vers les vêtements qui ont été trouvés avec les corps. Dans ces vêtements, on a découvert un produit qui est vraisemblablement un produit de décomposition du gaz qui aurait été utilisé. Ce produit est le chloroforme", a déclaré le procureur de la République de Sens. Le gaz vers lequel les experts "s'orientent", d'après le procureur, est donc la chloropicrine, "un gaz très toxique, très volatil, qui est utilisé en guise d'insecticide mais également pour détruire un certain nombre de nuisibles dans la chasse".

Pas de chloropicrine au niveau des corps

 

"Les gazeux agressifs ne laissent jamais de traces, au niveau des poumons, des bronches, du larynx", a précisé Michel Meurant pour expliquer que la chloropicrine n'avait pas été détectée sur les corps. "Par contre on peut les retrouver imprégnés dans les vêtements".

Le procureur de la République a confirmé que les enquêteurs n'avaient pas trouvé de chloropicrine chez Jean-Pierre Treiber. "Pour l'instant on n'a pas de certitude absolue", a-t-il insisté, en ajoutant qu'il était "prématuré de parler d'empoisonnement". Patricia Croci, l'avocate de M. Treiber, présente lors de cette conférence de presse, a déclaré pour sa part que son client continuait de nier les faits". "Il a mis les enquêteurs sur la piste d'auteurs", a-t-elle ajouté, mais sans donner davantage de précisions.

Citant l'avocate de la famille Giraud, le Parisien/Aujourd'hui en France avait affirmé samedi dernier que Géraldine Giraud et Katia Lherbier étaient "mortes empoisonnées". Maître Sabine Cordesse avait invoqué "la présence de substances toxiques dans les organismes des victimes".

Photo : la demeure de la famille Giraud à Villeneuve-sur-Yonne (Yonne). 

le 06 janvier 2005 à 11:53
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