Immobilier : Gaymard s'attaque aux "ventes à la découpe"

Par , le 21 janvier 2005 à 12h25 , mis à jour le 21 janvier 2005 à 22h51

Face à la colère de locataires parisiens, contraints de racheter leur appartement vendu par des spéculateurs, le ministre de l'Economie a affirmé que des "garde-fous" seraient mis en place pour protéger les populations les plus modestes.

immeubles paris © INTERNE

La mobilisation des associations de locataires parisiens a payé. Depuis des mois, réunion après réunion, ils dénonçaient la vente "à la découpe" de leurs immeubles, appartement par appartement. Grâce au volume d'immeubles achetés il y a 18 mois, des fonds d'investissement américains avaient pu obtenir un prix au m2 légèrement inférieur au marché. Aujourd'hui, avec une hausse des prix de 20% en deux ans, la plus-value potentielle fait rêver. Mais cette flambée du marché de la pierre est un cauchemar pour certains locataires, contraints de quitter leur logement faute de pouvoir les racheter. C'est le cas des ménages aux revenus modestes et surtout des personnes âgées.

Vendredi matin, le ministre de l'Economie et des Finances a confirmé sur France-Inter que des "garde-fous" seraient mis en place dans ce système de "vente à la découpe", notamment pour les populations les plus fragiles. Hervé Gaymard a indiqué que le ministre délégué au Logement, Marc-Philippe Daubresse, avait présidé une réunion sur ce type de ventes il y a quelques jours et qu' "il y en aura une deuxième le 31 janvier".

"Un vocabulaire incroyable"

"Le président de la République a évoqué cette question lors du dernier Conseil des ministres et, s'il le faut, nous réglementerons et nous légifèrerons", a ajouté le ministre, déplorant "qu'on dise "vente à la découpe" comme on dirait "vente à la criée" . "Je trouve le vocabulaire incroyable : dans quelle société sommes-nous pour que des choses pareilles puissent se produire ?", a-t-il dit.

Qu'est-ce qu'une "vente à la découpe" ? 

Une vente "à la découpe" est la transformation d'un immeuble en plein propriété en une copropriété. Cela conduit à scinder en plusieurs lots des immeubles qui sont la plupart du temps déjà occupés. Après une réunion d'information générale puis personnalisée, le locataire a le choix d'acquérir ou non son appartement. Depuis cinq ans, les ventes "à la découpe" se sont multipliées à Paris. Une évolution qui s'explique par la vente de centaines d'immeubles par les investisseurs institutionnels (compagnies d'assurances, Banque de France, …). Les "zinzins" privilégient aujourd'hui la location de bureaux à la location aux particuliers. La rentabilité varie en effet du simple au double (4% en moyenne contre 8% par an). Ce marché vise en général les immeubles hausmanniens des beaux quartiers parisiens ou les ensembles immobiliers des années 70 ou 80 de la proche banlieue.



Par Renaud Pila le 21 janvier 2005 à 12:25
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