IVG : mobilisations pour un "droit menacé"

le 15 janvier 2005 à 07h00 , mis à jour le 15 janvier 2005 à 21h58

Diverses associations ont manifesté samedi à Paris et à Marseille pour célébrer les 30 ans de la loi Veil autorisant l'interruption volontaire de grossesse. Et lancer un appel à la vigilance sur le droit des femmes.

ivg manifestation © DR

"Un enfant quand je veux, si je veux!", "L'avortement, un droit, un choix", "la loi Veil, on y veille"… Pancartes à la main, entre 6 et 12.000 personnes, dont une majorité de femmes ont manifesté samedi à Paris pour célébrer les 30 ans de la loi Veil autorisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG) et défendre un droit toujours "menacé".

La manifestation était organisée par le Mouvement français pour le planning familial (MFPF), l'Association nationale des centres d'interruption de grossesse et de contraception (Ancic) et la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et la contraception (Cadac), "avec le soutien de plus de 100 associations, syndicats et partis politiques". Les responsables des organisations féministes ont marché en tête d'un défilé à la tonalité combative. Egalement présentes, de nombreuses personnalités de gauche telles Laurent Fabius (PS), Marie-Georges Buffet (PCF), Dominique Voynet (Verts), Arlette Laguiller (LO) et Alain Besancenot (LCR).

Les organisations féministes ont ainsi célébré le 30e anniversaire de la promulgation, le 17 janvier 1975, de la loi Veil. Mais elles entendaient avant tout pointer les "menaces" qui continuent de peser, selon elles, sur le droit à l'avortement. "L'IVG est un droit, en France, depuis 30 ans mais il n'est pas vécu comme tel par beaucoup de femmes", constate la présidente du MFPF, Françoise Laurent. Entre 300 et 1.000 personnes ont également manifesté à Marseille.

"Dans la pratique, il reste de nombreux obstacles"

Le nombre d'IVG est resté globalement stable ces 20 dernières années, selon une étude récente de la Drees (ministères de la Cohésion sociale et de la Santé). En 2002, 205.627 avortements ont été pratiqués alors qu'environ 800.000 naissances ont été enregistrées. "Sur le papier, nous avons conquis le droit à l'avortement mais dans la pratique, il reste de nombreux obstacles", explique Maya Surduts, porte-parole de la Cadac. Deux IVG sur trois ayant lieu à l'hôpital public, et "les médecins pratiquant les IVG étant peu nombreux, les femmes doivent souvent attendre 3 à 4 semaines avant d'obtenir un rendez-vous", souligne Fatima Lalem (MFPF), regrettant que "les femmes doivent alors se rabattre sur des structures privées, plus chères".

Sur le plan des mentalités, beaucoup d'obstacles subsistent également. "Les femmes doivent encore aujourd'hui faire face à une pression idéologique, comme le montrent les remises en cause régulières, du type amendement Garraud (créant un délit d'interruption volontaire de grossesse, ndlr)", fait valoir Mme Lalem. Enfin, les associations craignent le poids du lobby des anti-IVG, "confortés par les idées du président Bush aux Etats-Unis", alors que des pays membres de l'Union européenne, comme l'Irlande, le Portugal, Malte ou encore la Pologne disposent toujours de législations restrictives. Plusieurs militantes pro-IVG issus de ces pays devraient se joindre au cortège. Les femmes, quoi qu'il en soit, "ont raison de rester vigilantes", affirme Simone Veil. Un collectif "30 ans, ça suffit" a lancé pour sa part un appel à manifester pour la remise en cause de la légalité de l’IVG le dimanche 23 janvier.

(Photo : la manifestation à Paris le samedi 15)

le 15 janvier 2005 à 07:00
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