35 jours sous terre

le 22 janvier 2005 à 17h58 , mis à jour le 22 janvier 2005 à 22h14

Dans un "coup de déprime", un moniteur d'atelier des Hautes-Pyrénées avait décidé de s'isoler, en décembre dernier, dans une grotte. Mais il n'a jamais pu retrouver la sortie. Il n'a été retrouvé, épuisé mais vivant, que vendredi, après plus d'un mois dans les ténèbres.

moniteur_grotte_josuat_vergesJean-Luc Josuat-Vergès, moniteur d'atelier de Vic-en-Bigorre, qui a survécu 35 jours seul dans une grotte © LCI

Epuisé, amaigri et le regard vague... mais bien vivant, et pas avare de détails sur son aventure. C'est ainsi qu'est apparu samedi devant les journalistes Jean-Luc Josuat-Vergès. La Dépêche du Midi avait, quelques heures plus tôt, révélé son odyssée sous le titre : "le miraculé des ténèbres". Miraculé, il l'est assurément, après plus d'un mois passé dans le noir complet, sous la terre, en un lieu où il aurait très bien pu ne pas être découvert avant des années.

L'aventure de ce moniteur d'atelier demeurant à Vic-en-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, commence le 18 décembre dernier. Ce jour-là, Jean-Luc Josuat-Vergès décide de s'isoler et de faire le vide après un coup de déprime, sur lequel il ne donne guère d'explications, en emportant du whisky et des cachets. Il entre alors dans une champignonnière abandonnée (voir photo ci-dessous) sur la commune de Madiran, au volant de son véhicule 4X4 puis s'enfonce à pied dans le dédale des galeries.

Les recherches restent vaines

Mais rapidement, il perd son chemin. Sans lumière, sans nourriture, avec un téléphone portable qui ne passe pas et des vêtements inadaptés au milieu, il tente en vain de retrouver la sortie. De guerre lasse, au bout de quelques jours, il s'organise pour survivre, récupère une gamelle pour recueillir l'eau de pluie et mâchonne des bouts de bois et de la glaise pour tromper la faim.

A l'extérieur, sa disparition est bien sûr signalée par sa famille et des recherches entreprises. Mais elles resteront vaines. Qui irait le chercher dans cette grotte ? Ce sont finalement trois lycéens de la région qui, profitant de la journée de grève des enseignants jeudi dernier, décident d'aller explorer la champignonnière pourtant interdite d'accès et retrouvent le véhicule disparu... plus d'un mois après les faits.

La gendarmerie alertée met en place d'importants moyens de recherche vendredi matin et finit par retrouver, après une heure et demie de recherches, "le miraculé des ténèbres", comme l'a surnommé la Dépêche. "J'ai cru voir une momie se lever", a expliqué l'un des gendarmes. "Vers la fin, mon état physique faisait chuter mon moral. Pendant un mois, j'avais espéré entendre des voix. Mais quand j'ai entendu les gendarmes, je n'y croyais plus. J'étais en train de m'assoupir", a raconté pour sa part le miraculé, interrogé sur LCI. Epuisé, maigre, barbu, mais vivant après 35 jours dans le noir absolu, Jean-Luc Josuat-Vergès a eu la force de s'installer lui-même sur le brancard avant d'être hospitalisé pour quelques heures.

Photo d'ouverture : Jean-Luc Josuat-Vergès, interviewé samedi soir sur LCI - DR

le 22 janvier 2005 à 17:58
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