© AFPDans la nuit du 14 au 15 janvier dernier, deux coups de fusil de chasse étaient tirés par des inconnus sur la porte d'entrée de la mosquée de Castillon-la-Bataille, en Gironde, sans occupant au moment des faits. Des fidèles de cette mosquée, située au rez-de-chaussée d'une maison du centre-ville, avaient découvert les impacts en ouvrant le lieu de culte le samedi vers 7 heures. L'enquête n'a pas encore permis de connaître l'identité et les motivations du ou des auteurs de cette dégradation.
Une semaine après les faits, environ 300 personnes selon les gendarmes, 500 selon les organisateurs, ont défilé ce samedi à Castillon-la-Bataille, lors d'une marche "citoyenne". Une banderole sur laquelle on pouvait lire "Sartène, Agen, Castillon, à qui le tour ?", ouvrait le cortège qui s'est dirigé silencieusement jusqu'au lieu de culte. Cette marche, organisée par l'association des musulmans de Castillon (AMC) avait pour objectif de "marquer le refus de la population afin que de pareils actes ne puissent pas se reproduire". Des membres de SOS-racisme, la LICRA, de la Ligue des Droits de l'Homme et du PCF s'étaient joints à cette manifestation. Dans la foule, des pancartes demandant "pourquoi tirer sur notre mosquée?", "quelle liberté, quelle égalité, quelle fraternité si nos communautés ne peuvent vivre en paix ?" étaient brandies.
Multiplication d'incidents similaires
Fait significatif, une cinquantaine de personnes, venues d'Agen, où la mosquée avait été également visée par des coups de feu dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, ont également participé à cette marche silencieuse.
Comme le rappelait la banderole brandie samedi par les manifestants, au cours des derniers mois, plusieurs actions similaires visant des lieux liés à l'islam (mosquée, cimetière musulman, logement d'imam...) ont été signalées dans diverses régions. Début octobre, une mosquée en construction et un lieu de culte musulman provisoire avaient été ravagés par un incendie criminel à Aubagne. Les autorités municipales avaient déploré cette dégradation d’un lieu de culte "sans précédent dans la ville" selon elles. Fin novembre, en Corse, c'est l'imam marocain de la mosquée de Sartène qui avait été victime d'une tentative d'assassinat. Des coups de feu avaient été tirés en pleine nuit à travers la porte de son logement. Le CFCM avait alors demandé une protection des lieux de culte musulmans en Corse.
Photo d'ouverture : la mosquée d'Aubagne après l'incendie d'octobre - AFP
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