
Plus de 8.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés jeudi pour une opération nationale de sécurisation des établissements scolaires, qualifiée par de nombreux syndicats et partis de gauche d'"opération de communication". L'opération, mise en place par les ministères de l'Intérieur et de Justice, a donné lieu à 101 interpellations, dont 75 pour infraction à la législation sur les stupéfiants et 13 pour port d'arme prohibé, a indiqué en soirée le ministère de l'Intérieur, précisant qu'il ne s'agissait pas de chiffres définitifs.
A Marseille, discrètes dans la matinée, essentiellement ciblées sur les transports en commun, les opérations ont été plus visibles au Lycée Thiers en début d'après-midi : contrôles d'identité systématiques des élèves ou des adultes, contrôles des papiers pour les deux roues, et parfois fouilles sommaires. Une petite quantité de haschich a ainsi été découverte sur un mineur scolarisé dans l'établissement. A Limoges, une trentaine de policiers ont effectué des contrôles autour de dix établissements. Une vingtaine d'actions ont été menées en Haute-Garonne. Et en Seine-saint-Denis, environ 60 des 200 élèves du Lycée professionnel du Moulin Fondu à Noisy-le-Sec ont été contrôlés dès huit heures par huit policiers. A Fosses, dans le Val d'Oise, les gendarmes se sont contentés de distribuer aux collégiens des livrets de "Gendy", leur mascotte, contre la violence scolaire.
"Cette opération n'est que spectacle sans le moindre intérêt et gesticulation sécuritaire à l'intention des médias", s'est insurgé Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. Patrick Gonthier, son homologue de l'Unsa-Education, a de même jugé que la "poudre aux yeux et l'effet spectacle dissimulent l'absence d'intérêt réel pour ces problèmes de sécurité". "Sous prétexte de prévention, le gouvernement pratique l'intimidation et stigmatise certains établissements sans que rien ne le justifie", a dénoncé enfin la Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE).Villepin : "qu'ils voient dans quel esprit nous le faisons"
Même tonalité chez certains policiers. "C'est une opération publicitaire qui ne sert qu'à entretenir de la communication", a déclaré Frédéric Lagache, secrétaire national d'Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix. Le Syndicat de la magistrature (gauche) a pour sa part dénoncé la "subordination de l'action de la Justice aux priorités déterminées par la police". "La délinquance aux abords des cités scolaires appelle un autre traitement plus sérieux et plus discret", a fait valoir le Syndicat général de la police (4e syndicat de gardiens de la paix). "C'est une opération médiatique qui rappelle Nicolas Sarkozy à une certaine époque", a jugé Dominique Achispon, secrétaire général adjoint du Syndicat national des officiers de police. En revanche, le Syndicat des commissaires et hauts fonctionnaires de la police nationale (SCHFPN - majoritaire), l'UNSA-police (troisième syndicat de gardiens de la paix), et Synergie (second syndicat d'officiers de police), se sont félicités de cette opération qu’ils souhaitent voir s’inscrire dans la durée.
Face à cette avalanche de réactions négatives, Dominique de Villepin, depuis Orléans, a demandé à "être jugé sur pièces". "Si s'occuper de la protection des plus jeunes, si se mobiliser pour assurer la sécurité dans les écoles, autour des écoles et sur les trajets gêne quiconque, qu'ils voient dans quel esprit nous le faisons", a déclaré le ministre à la presse.
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