© INTERNEPlutôt inaudible dans les médias depuis quelques mois, Jean-Marie Le Pen a-t-il choisi de commencer l'année par une nouvelle provocation sur la seconde guerre-mondiale ? Ses propos rapportés mercredi par Le Monde qui cite l'hebdomadaire d'extrême-droite Rivarol ne manqueront pas de faire réagir. Interrogé sur les "commémorations de la fin de la seconde guerre mondiale", le président du FN n'hésite pas à affirmer qu'"en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même, ajoute-t-il, s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés".
Jean-Marie Le Pen évoque, dans cet entretien publié le 7 janvier, l'histoire d'un lieutenant allemand qui, "fou de douleur que son train de permissionnaires ait déraillé dans un attentat, causant ainsi la mort de ses jeunes soldats, voulait fusiller tout le village". Or c'est "la Gestapo de Lille (...) qui arriva aussitôt pour arrêter le massacre" explique-t-il. "Si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques", avance-t-il.
Evoquant le drame d'Ouradour-sur-Glane, le dirigeant du FN déclare qu'il "y aurait beaucoup à dire", laissant entendre que la vérité n'est pas forcément celle que l'on croit. Le 10 juin 1944 , des éléments de la division SS Das Reich pénétrèrent dans le village d'Oradour, près de Limoges. Ils fusillèrent les hommes. Les femmes et les enfants périrent dans l'église incendiée. Il y eu au total 642 victimes.
"Bizarre"
Vincent Reynouard, poursuivi pour la réalisation d'une cassette vidéo intitulée "la Tragédie d'Oradour-sur-Glane : 50 ans de mensonges officiels", a été condamné en juin dernier à 24 mois de prison, dont six fermes, par la cour d'appel de Limoges pour "apologie de crimes de guerre". Revenant sur les poursuites engagées contre lui-même ou Bruno Gollnisch, Jean-Marie Le Pen dénonce "l'injustice de la justice".
"Lorsque des magistrats, au mépris de ce qui est leur obligation morale et fonctionnelle, bafouent le principe d'équité et accordent le bénéfice de la bonne foi à des gens qui à l'évidence ne le sont pas (...), c'est proprement révoltant", dit-il. "D'où notre volonté constante d'abroger toutes les lois liberticides, Pleven, Gayssot, Lellouche, Perben II", ajoute-t-il. .
Contactée par tf1.fr, la direction du FN a démenti toute stratégie de provocation de Jean-Marie Le Pen et expliqué qu'elle allait vérifier l'exactitude des propos rapportés par l'hebdomadaire Rivarol. Elle s'est contenté de qualifier cet entretien de "bizarre". Invité de RTL jeudi matin, Jean-Marie Le Pen ne manquera pas de réagir.
Condamnation générale, Perben veut une enquête |
Dominique Perben a demandé une enquête préliminaire au Parquet de Paris après les déclarations de Jean-Marie Le Pen sur l'occupation allemande. "Je suis frappé par l'offense que M. Le Pen porte ainsi aux victimes, à leurs familles, aux anciens combattants, aux déportés, à tous ceux qui ont souffert dans cette période noire de notre histoire", a lancé le ministre de la Justice. Réponse de 'lavocat de Jean-Marie Le Pen : celui-ci a "utilisé sa liberté d'expression et n'a commis aucune infraction".
L'ensemble de la classe politique, à droite comme à gauche, a vivement réagi, en condamant les propos du leader du FN. Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, et Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, parlent ainsi de "révisionnisme". "Une fois de plus, Jean-Marie Le Pen laisse apparaître ce qu'il est vraiment : un nostalgique de la barbarie nazie et un adepte du révisionnisme" a estimé pour sa part le ministre la Santé, Philippe Douste-Blazy.
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