© lciLa riposte de Jean-Louis Debré, fidèle chiraquien, aux voeux de Nicolas Sarkozy est-elle proportionnelle à la crainte que ce dernier inspire à l'Elysée ? On pourrait le croire tant les mots choisis jeudi après-midi par le président de l'Assemblée nationale sont durs. Interrogé par l'AFP, il accuse le président de l'UMP de chercher "à diviser plutôt qu'à rassembler au risque de créer une crise de régime".
Jean-Louis Debré a notamment vivement critiqué la proposition faite par Nicolas Sarkozy de soumettre aux adhérents de l'UMP le choix du candidat à la présidentielle de 2007. "C'est totalement contraire à la tradition de la Ve République", a-t-il déclaré. "L'élection présidentielle, c'est une rencontre entre un homme et les Français et non pas une affaire des partis politiques". "C'est une mauvaise interprétation de ce qu'ont voulu les constituants de 1958", a poursuivi le fils de Michel Debré, père de la loi fondamentale. "C'est revenir à un risque de confusion des pouvoirs qui a été mortelle à la IVe République".
"Je regrette qu'il cultive ce qui nous divise"
Lors de ses vœux à la presse, Nicolas Sarkozy avait indiqué qu'il voulait instaurer la démocratie dans les choix des candidats de son parti aux élections, et notamment en 2007. L'UMP suivrait ainsi l'exemple du PS, qui, pour la première fois de son histoire, avait fait élire par ses militants le candidat à la présidentielle de 1995. Très populaire auprès des adhérents, il avait été élu par 85,1% des voix des voix au Bourget, Nicolas Sarkozy espère sans doute qu'il sera désigné par les adhérents en 2007.
Au delà du débat sur 2007, la réaction de Jean-Louis Debré est très dure. "Je regrette qu'il cultive ce qui nous divise plutôt que de cultiver ce qui nous unit", poursuit-il. "Je crois qu'il est dans une logique d'existence qui l'oblige à se démarquer du gouvernement, au risque de créer une crise". "Il portera la responsabilité d'une crise de régime", a-t-il affirmé. "J'attendais de ses voeux qu'il essaie de rassembler les Français, de rassembler autour du gouvernement plutôt que de gêner le gouvernement", a ajouté Jean-Louis Debré.
Jeudi soir sur France 2, Nicolas Sarkozy n'a pas voulu polémiquer avec Jean-Louis Debré. "Il y a un dicton populaire qui dit : tout ce qui est excessif ne compte pas. C’est une provocation de plus : je n’ai pas l’intention d’y répondre" a-il juste lancé.
Cette charge du président de l'Assemblée nationale contre le numéro un de l'UMP intervient à la mi-janvier. A ce rythme, l'année politique risque d'être sportive sur les bancs de l'Assemblé. Interrogé par tf1.fr, le député UMP Hervé Mariton lance jeudi soir un "appel au calme", notamment en direction de Jean-Louis Debré :"ce qui est concevable pour la réaction d'un député de base ne l'est pas pour celui qui préside l'Assemblée. Je crois qu'il a surréagi, c'est too much". Toutefois, pour ce membre du conseil exécutif mis en place par Nicolas Sarkozy, ce dernier a formulé "des voeux qui vont très au delà de ce qu'on peut dire traditionnelement lors d'une cérémonie de voeux." Mais "si chaque déclaration de Sarkozy provoque ce genre de réaction, où en serons-nous dans deux ans ? "
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