Première judiciaire contre des pompiers de Savoie

le 06 janvier 2005 à 15h55 , mis à jour le 06 janvier 2005 à 16h40

Le Service départemental d'incendie et de secours de Savoie a été mis en examen en tant que personne morale pour "homicides involontaires" dans l'enquête sur un incendie qui a fait deux morts en 2002.

Justice Picto Vignette bleue © INTERNE

Selon la fédération nationale des sapeurs pompiers de France, "il y a déjà eu dans le passé des mises en examen de responsables de SDIS, mais c'est la première fois qu'un SDIS est poursuivi en tant que personne morale". Cette mise en examen, révélée jeudi par le quotidien Le Dauphiné Libéré, a été signifiée le 29 décembre au président du SDIS 73 Jean-Marc Léoutre. Un jeune homme de 17 ans et une jeune fille de 19 ans ont trouvé la mort le 1er janvier 2002 à Chambéry dans un incendie d'appartement provoqué par un voisin. Des témoins avaient appelé les pompiers, qui avaient dépêché des secours.

Mais un deuxième appel, provenant des victimes elles-mêmes, de l'appartement en feu, n'a pas été répercuté par le standard aux pompiers sur les lieux, qui croyaient apparemment que l'appartement était vide, selon l'avocat de la famille d'une victime, Me Christian Saint-André. "Je me suis battu pendant deux ans pour obtenir cette mise en examen. Elle ne présume pas d'une culpabilité, mais mettra l'accent sur les erreurs de fonctionnement des pompiers. Pour nous, le responsable est celui qui est à l'origine du feu et non pas les pompiers qui, s'ils l'avaient pu, auraient sauvé les deux jeunes gens", a indiqué l'avocat.

"Le standard ne pouvait ignorer que des gens étaient en train de mourir"

Le drame s'était produit le 1er janvier 2002. Delphine était partie vers 18H30 reconduire son ami Jonathan à son appartement, au troisième étage d'un bâtiment ancien, a indiqué la mère de Delphine, Annie Vincent. Dans l'appartement du dessous des personnes "se sont mises à jouer avec des cierges étincelants qui ont embrasé le sapin de l'appartement", a affirmé Mme Vincent. Delphine a appelé le standard des pompiers, selon sa mère : "la standardiste l'a fait attendre pendant cinq minutes, en la dissuadant de sauter par la fenêtre". Selon Me Saint-André, "les appels désespérés des deux jeunes gens ont été enregistrés, puis leur toux, leur agonie et le silence".

"Le soir du drame, des pompiers qui luttaient contre le feu ont renvoyé les parents des jeunes gens en leur disant qu'il n'y avait personne dans l'immeuble, alors que le standard ne pouvait ignorer que des gens étaient en train de mourir", a ajouté l'avocat chambérien. Deux voisins à l'origine du feu ont été mis en examen dans ce dossier ainsi que le fabriquant, l'importateur et le distributeur de ce "cierge étincelant", composé d'une tige de fer recouverte d'une substance pyrotechnique.

le 06 janvier 2005 à 15:55
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