Un procès sous tension

le 23 janvier 2005 à 16h26 , mis à jour le 28 janvier 2005 à 13h26

Sept personnes comparaissent depuis lundi devant la cour d'assises de l'Indre pour tortures et actes de barbarie sur un jeune homme de 19 ans. Le calvaire de ce dernier a duré trois semaines. Le procès se déroulera à huis clos jusqu'à jeudi.

Justice Picto Vignette bleue © INTERNE

Parmi les chefs d'accusations retenus contre les sept accusés : "enlèvement, agressions sexuelles et violences commises en réunion, abstention volontaire d'empêcher un crime". Sept personnes, dont deux femmes, comparaissent depuis lundi devant la cour d'assises des mineurs de l'Indre pour avoir séquestré et torturé pendant trois semaines en 2002 un jeune chômeur de 19 ans dans une maison du centre de Châteauroux. Quatre des personnes sont aussi accusés de "tortures et actes de barbarie".

Echange d'insultes

A leur l'arrivée, le père de la victime les a invectivés. L'un d'entre eux, considéré comme le meneur par la police, a ensuite échangé des insultes avec le père. Le suspect, très en colère, s'en est également pris aux journalistes présents. La victime, entrée dans le palais par une autre porte, est arrivée avec des béquilles. Elle a eu une jambe fracturée dans un récent accident de la circulation.

Le calvaire de la victime, peintre en bâtiment sans emploi et jeté à la rue par son père quelques semaines plus tôt, avait commencé le 5 août 2002 et n'avait pris fin que trois semaines plus tard, lorsqu'un voisin avait appelé la police après avoir lu sur un écriteau à une fenêtre : "Au secours. Aidez-moi. Appelez la police".

Détresse sociale

Les faits s'étaient déroulés dans une maison louée par un couple qui hébergeait régulièrement des marginaux sans emploi et où la victime avait trouvé refuge. Le jeune hommes a subi de nombreuses sévices. Il a été battu, violé, affamé, brûlé et menacé de mort à plusieurs reprises. Il a notamment eu les oreilles décollées et le nez cassé par ses tortionnaires, parmi lesquels le couple qui l'avait accueilli.

Tout comme leur victime, la plupart des bourreaux étaient en situation de détresse sociale : un seul avait un emploi de chauffeur routier, les autres étaient en contrat d'apprentissage ou sans emploi. L'un d'eux, considéré comme particulièrement violent, venait de sortir de prison. Trois autres étaient sous curatelle.

Depuis 2002, le jeune homme est placé sous curatelle. Il est accompagné dans une démarche pour l'aider à se sociabiliser à nouveau et travaille comme employé municipal dans une mairie. Le procès qui doit durer jusqu'à jeudi, pourrait être prolongé d'un jour, si nécessaire. Il se déroule devant la cour d'assises des mineurs car l'un des accusés avait 16 ans au moment des faits.

le 23 janvier 2005 à 16:26
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