© INTERNELe 5 août dernier, sept jeunes gens, cinq filles et deux garçons âgés de 12 à 22 ans, ainsi qu'une monitrice âgée de 24 ans, mouraient dans l’incendie du centre équestre de Lescheraines, en Savoie, où ils effectuaient un stage d’une semaine. Un drame au retentissement national, qui conduisait aussitôt à l’ouverture d’une double enquête, sur les causes mêmes de l’incendie, mais aussi sur la situation administrative du centre, demandée par le Premier ministre. Avec cette question : le pire aurait-il pu être évité ? Cette situation pourrait-elle se reproduire, ailleurs ?
Si les causes du sinistre n’ont pas été aujourd’hui établies avec certitude (deux hypothèses s'opposent : une origine électrique ou bien une erreur humaine, comme le fait d'oublier une casserole sur le feu ou d'avoir mal fermé le gaz), on en sait davantage sur la situation du centre au regard de ses obligations légales. S’il n’était pas soumis à obligation de déclaration, du fait de sa petite taille, il semblerait ne pas avoir respecté toutes les obligations de sécurité. Le propriétaire du centre équestre, Michel Hinniger, 50 ans, et son épouse Laure, 34 ans, ont ainsi été mis en examen respectivement lundi et mardi, a indiqué vendredi le parquet de Chambéry.
Ni détecteur de fumée, ni alarme
Tous deux devront répondre du chef "d’homicides et blessures involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement". Ces mises en examen concernent le non respect du code de la construction et de l'habitation qui impose aux établissements de 5ème catégorie recevant du public, comme l'était le centre équestre, de "respecter certaines prescriptions techniques en matière de prévention des incendies". Le centre aurait dû "être doté d'un détecteur de fumée, d'une alarme sonore distincte du téléphone", et les locaux auraient dû être construits dans des matériaux résistants au feu", a précisé le parquet.
L'avocate de Mme Hinniger, Me Catherine Rey, a indiqué qu'elle "contestait la violation délibérée" de l'obligation de sécurité et elle s'est demandé "si la réglementation évoquée s'appliquait" au centre équestre. "Ma cliente était obsédée par la sécurité, elle faisait la guerre au tabac en raison du risque d'incendie. Elle était très rigoureuse. Si elle avait su qu'il y avait une obligation, elle l'aurait respectée", a ajouté l'avocate. Le maire de Lescheraines, Anne Gagneur, dont le fils fréquentait régulièrement le centre équestre, est par ailleurs "témoin assisté" dans ce dossier. "Nous nous interrogeons sur des manquements qui pourraient lui être imputables", a précisé le parquet. Les familles des victimes ont été reçues vendredi matin au tribunal de Chambéry où les conclusions de l'expertise sur les recherches des causes du drame leur ont été communiquées.
Photo d’ouverture : archives
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