© INTERNEOù et comment les bandes de délinquants se forment-elles en France ? Depuis plusieurs années, les renseignements généraux (RG) se penchent sur la question afin d'en cerner l'influence. Une bonne nouvelle, tout d'abord : les affrontements entre des jeunes et la police auraient diminué en 2004 avec "seulement" 476 cas contre 501 en 2003 et 557 en 2002.
Il en va de même pour les rixes entre bandes rivales. L'an dernier, les RG en ont recensé 225, contre 281 en 2003 après deux "pics", en 2000 (362) et 2001 (471). L'Ile-de-France concentre près de la moitié des infractions, particulièrement la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne pour la petite couronne, l'Essonne et le Val-d'Oise pour la grande couronne.
Peu d'affrontements communautaires
Tendance de fond : depuis quelques mois, la province est de plus en plus concernée et les lieux d'affrontements gagnent des villes moyennes, telles Colmar ou Amiens. Si la défense du territoire "constitue le prétexte le plus fréquent" de ces affrontements, leurs causes peuvent aller du "différend commercial" (maîtrise des trafics de drogues ou de voitures) au plus futile (un étranger à la bande qui aurait eu un regard appuyé sur la petite amie d'un des caïds). En revanche, les affrontements communautaires demeurent rares en dépit des nombreuses nationalités qui cohabitent dans les cités sensibles.
La première chose qui rapproche les membres d'une même bande, c'est leur territoire. Leurs membres habitent le même quartier, fréquentent les mêmes établissements scolaires, les mêmes clubs de sports. Ils sont liés par le seul territoire qu'ils connaissent bien parce qu'ils y vivent et "y sont vraiment attachés". De façon ponctuelle ou "en cas de crise", une bande peut s'agrandir jusqu'à une cinquantaine de jeunes gens, soit pour "faire un coup", selon les policiers, soit pour s'affronter à une autre. Mais l'événement passé, le groupe se délite et on en revient au "noyau dur" qui peut ne compter que quatre ou cinq personnes. L'une de leurs principales caractéristiques reste d'ailleurs l'appropriation des espaces privé et publics -"centres commerciaux, gares, parties communes des immeubles"- qu'ils considèrent comme leur appartenant.
Des bandes "peu structurées"
Dans leur rapport, les RG écrivent que, si les bandes constituent toujours "une des composantes de l'insécurité et des violences urbaines", elles n'ont rien à voir, en France, avec celles qu'on trouve aux Etats-Unis. Là où, outre-Atlantique, les bandes peuvent compter 200 ou 300 membres voire un ou plusieurs miliers à travers différents territoires, elles restent "peu structurées" en France et s'articulent autour d'un petit noyau de personnes, au maximum une douzaine d'individus selon la taille de la cité.
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