Raffarin répond à Sarkozy

le 14 janvier 2005 à 22h19 , mis à jour le 14 janvier 2005 à 22h22

Dans un entretien à Libération, le Premier ministre réagit aux propos de Nicolas Sarkozy sur le choix par les militants du candidat de l’UMP à la présidentielle. Il confirme par ailleurs que la baisse de l'impôt sur le revenu en 2006, jugée par beaucoup irréaliste, aura bien lieu.

raffarin 20h tf1 16 juin 2004 bis © INTERNE

Jusqu’alors silencieux sur le chapitre, Jean-Pierre Raffarin s'oppose à son tour à Nicolas Sarkozy sur la désignation du candidat de la droite à la présidentielle. Dans un entretien que publie le quotidien Libération, il déclare que "la candidature personnelle doit précéder l'éventuel soutien des partis". Et le Premier ministre d’affirmer : "je reste fidèle à l'esprit de la Constitution. L'élection présidentielle crée un lien personnel entre le candidat et le peuple". Jean-Pierre Raffarin se garde en revanche de tout pronostic sur une éventuelle nouvelle candidature du président de la République en 2007: "n'anticipons pas le débat électoral de 2007, restons dans l'action", esquive-t-il.

Interrogé plus généralement sur les propos tenus par le nouveau président de l'UMP lors de ses vœux jeudi – au cours desquels il s'est nettement démarqué de Jacques Chirac et du gouvernement sur plusieurs sujets clefs comme la baisse des impôts, la Turquie ou l'immigration – Jean-Pierre Raffarin se contente de souligner que "le parti n'est pas le gouvernement", et que "la différence n'est pas la division. Nous savons tous que nous devons agir ensemble".

Un point de chômage en moins chaque année dès 2005

Au cours du même entretien, Jean-Pierre Raffarin confirme la baisse de l'impôt sur le revenu en 2006, promise par Jacques Chirac, en annonçant que "le dispositif sera finalisé dans le projet de budget pour 2006". La semaine dernière, le chef de l'Etat avait plaidé pour une reprise de la baisse de l'impôt sur le revenu (IR) à partir de 2006 dans le but de parvenir à une baisse de 33% de cet impôt d'ici à la fin du quinquennat, une de ses principales promesses de campagne en 2002. Les taux de l'IR ont successivement été abaissés de 5%, 1% et 3% en 2002, 2003 et 2004. Cette baisse générale a été suspendue en 2005. Pour aboutir à une baisse des 24% restants sur 2006 et 2007, il faudrait consacrer plus de 10 milliards d’euros à la baisse de l'IR en deux ans, ce qui apparaît irréalisable aux yeux de certains économistes, de l'opposition et du président de l'UDF François Bayrou.

Enfin, Jean-Pierre Raffarin dit miser sur une baisse annuelle "d'environ un point" du taux de chômage à compter de 2005. "Au second semestre 2004, il y a eu 28.000 créations nettes d'emploi. La rupture de croissance entre 2000 et 2002 avait provoqué une remontée du chômage", déclare le Premier ministre. "Le rythme de croissance actuel nous permet d'envisager pour 2005 la création de 150.000 emplois salariés, auxquels s'ajoutent 200.000 créations d'entreprises, les 185.000 contrats d'avenir institués par la loi de cohésion sociale et bien d'autres initiatives", poursuit-il.

Le Premier ministre s'était déjà engagé en novembre sur une baisse de 10% du chômage en 2005, mais n'avait plus évoqué ensuite de données chiffrées ni dans son "Contrat France 2005" en décembre, ni lors de ses vœux à la presse.

Photo d’ouverture : archives

le 14 janvier 2005 à 22:19
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